1. EMPECHER LA MUTATION DU PS EN PARTI DEMOCRATE
Les socialistes français ne sont pas les seuls en crise. Tout le mouvement socialiste européen et mondial est en impasse. Il ne savait pas comment affronter le capitalisme financiarisé de notre époque. Il a dorénavant renoncé à le faire, au prix de reniements qui semblent sans limite. En Amérique latine alors que la gauche est en pleine réinvention, les partis de l’Internationale socialiste sont aujourd’hui presque tous totalement déchus. La vague démocratique se fait sans eux et presque partout contre eux. Dans les pays de l’Europe du Nord, la social-démocratie démantèle l’Etat social qu’elle a construit. Dans plusieurs pays elle gouverne même avec la droite. Cette évolution s’accélère. Elle mène au désastre et à des défaites électorales sans précédent. En Italie un pas supplémentaire a été franchi. Les Prodi et Veltroni, adulés par les dirigeants de notre parti et acclamés dans nos congrès, en créant le Parti Démocrate avec les centristes ont détruit la gauche italienne. Il n’y a plus un député ni un sénateur élu comme socialiste en Italie pour la première fois depuis 1895, et de même pour les communistes pour la première fois depuis 1946. La plupart des dirigeants du parti français n’en tirent aucune leçon. Ils en restent à ce modèle. De nombreux changement de ligne et de pratique vont déjà dans le sens de cette mutation. Pour nous, il ne faut pas engager le PS français plus loin dans cette voie. C’est notre premier objectif dans ce congrès. Nous le résumons en disant que nous voulons empêcher la mutation définitive du parti socialiste en parti démocrate comme en Italie.
Entre la ligne « démocrate » et l’orientation socialiste il y a essentiellement six questions qui font la différence. Le rapport à l’ordre du monde dominé par les USA, la politique européenne, le choix de l’implication populaire pour le changement, le nouveau partage des richesses, la place de l’Etat et du collectif dans l’économie, la stratégie d’alliance -à gauche ou avec le centre- pour former une majorité gouvernementale. Ces questions sont assez étroitement liées. Pour chacune d’entre elles nous discernons au moins un point d’ancrage concret que les socialistes ne peuvent contourner. Pour nous, ils forment autant de tests d’identité politique.
Nous sommes donc disponibles pour faire motion commune avec toutes celles et tous ceux qui tranchent contre la ligne « démocrate ». Parce que la ligne démocrate c’est l’impuissance face à la droite et la division dans la gauche. C’est l’assurance d’une nouvelle défaite à la fois idéologique, culturelle et électorale qui laisse les nôtres désarmés face aux discours et aux actes de la droite.
En agissant de cette façon nous voulons ancrer à gauche le Parti socialiste et rendre possible ainsi l’union de toute la gauche sans exclusive. Tel est le trait d’union que nous voulons être.