Redevenons des partageux !
L’inégalité des revenus atteint des paroxysmes. Une autre répartition des richesses est devenue indispensable. C’est l’intervention publique qui doit le faire. Là encore, cette question est largement abandonnée par un socialisme de résignation qui se contente de partager la part de plus en plus restreinte qui n’est pas confisquée par les profits privés en comptant sur la croissance pour accroître les ressources dévolues aux besoins sociaux.
Il faudra en particulier cesser d’abandonner au bon vouloir du patronat la nécessaire hausse des salaires. Celle-ci est à la fois une exigence de justice sociale, une condition de la qualité de vie pour la majorité des salariés qui ne gagnent pas assez pour vivre décemment, un moteur de la croissance économique et de l’emploi. Des rattrapages salariaux immédiats devront intervenir dans le secteur public comme dans le privé, avant qu’un système de revalorisations régulières ne soit mis en place. Enfin, il faudra s’attaquer spécifiquement au problème des bas salaires et au scandale des minimas de branche inférieurs au SMIC qui sont chaque jour plus nombreux.
De même, il n’est plus possible de remettre aux calendes grecques la profonde révolution fiscale dont nous avons besoin pour rétablir le principe républicain de proportionnalité de l’impôt. Celui-ci a été largement mis à mal par la baisse de la part de la fiscalité directe par rapport à la fiscalité indirecte, par la multiplication des exonérations fiscales de toutes sortes, ainsi que par la baisse des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu (concurrence fiscale aidant, c’est hélas devenu une tendance européenne : entre 1986 et 2002, l’imposition de la tranche supérieure a baissé de 10 points en Espagne, 11 points en Italie, 12 points aux Pays Bas, 15 en France et en Allemagne, 18 en Belgique et 20 en Grande-Bretagne !). Nous devons aussi stopper le processus de créations des inégalités qu’a enclenché la décentralisation à tout va des services d’intérêt généraux dorénavant financés par l’injuste et insupportable fiscalité locale.
extrait de la contribution "TRAIT d'UNION" -congrès PS Le Mans 2005 - l'intégralité de cette contribution sur : http://www.le-trait-dunion.org