SARKOZY, LA DISCRIMINATION POSITIVE AU SERVICE DUNE AMBITION PERSONNELLE OU LES DERIVES DUNE POLITIQUE DEMAGOGIQUE !
Il est de bon ton d’opposer Villepin, républicain à Sarkozy le communautariste !
Les commentateurs avisés oublient que l’essentiel pour Sarkozy est d’exister et de se construire un espace politique propre. Le candidat presque déclaré à la présidentielle a été capable de viser, voire de capter deux électorats à-priori contradictoires : celui du Front National en prônant une attitude de fermeté extrême face aux violences dans les cités et celui des religieux islamistes en mettant en place le Conseil Français du Culte Musulman et en se prononçant pour la discrimination positive. Cette proposition de discrimination positive n’est pas une simple déclaration démagogique, il s’agit là d’une orientation politique allant à l’encontre des principes républicains d’égalité des chances.
La discrimination positive consiste à considérer la personne en fonction de ses origines réelles ou supposées , il s’agit là d’une " ethnicisation " qui ne dit pas son nom... Cette politique des quotas est lourde de conséquences : elle contribue à freiner l’intégration républicaine et à segmenter la société contribuant à développer un clientélisme de mauvais aloi
Des militants politiques conséquents ont choisi une autre démarche , républicaine s’appuyant sur des citoyennes et citoyens vivant dans les cités mais figurant sur les listes municipales, non en fonction de leur origine mais parce qu’elles mènent une action sociale ou politique et qu’elles sont reconnues.
Une lecture territoriale quelque peu sérieuse montre que cette stratégie de construction de listes municipales donne des résultats sans aucune ambiguïté quand effectivement cette démarche est réellement citoyenne et non " politicarde " pour paraître ! Quand Nicolas Sarkozy déclare à La Courneuve : " Si on ne fait pas du cousu main (dans les quartiers difficiles ), on n’a aucune chance de réussir ", il en déduit inéluctablement que " c’est pour cela que je suis convaincu de la discrimination positive " !
Sarkozy n’est pas né de la dernière pluie ! Il n’ignore pas qu’une autre réponse existe, celle qui consiste à affecter des moyens dans les cités fragiles et à mobiliser acteurs et citoyens... L’une des réponses, celle qu’il choisit peut avoir des effets immédiats ne changeant rien à la situation de ces quartiers mais permettant à son promoteur d’engranger les bénéfices électoraux.
Pour nous, pour les militants associatifs - PRS 67 en fait partie - qui interviennent dans les cités, une autre voie est possible, c’est celle qui permet de réduire les inégalités sociales, de réhabiliter l’espace urbain et de mobiliser les habitants devenant des acteurs à part entière. Cette alternative, nécessaire, indispensable passe par la construction d’une réelle mixité sociale à la dimension de la ville, elle exige des moyens appropriés et une volonté politique.
Ce n’est pas le chemin suivi par ce gouvernement, qu’il s’agisse de sa version chiraquienne ou du cheval de Troie Sarkosien qui continue à réduire considérablement les crédits alloués aux associations d’éducation populaire et qui n’a toujours pris en compte le rapport sur " familles, pauvreté et précarité " remis par la commission présidé par Martin Hirsh !
Jean-François CHALOT
article paru dans ResPublica n°373 du 09.08.05 et reproduit avec son aimable autorisation