Pour une nouvelle république
Pour beaucoup de citoyens de notre pays, la République nest plus quune forme institutionnelle. Son projet et son contenu politiques ont été mis entre parenthèse par un libéralisme qui a réduit lEtat à une simple technocratie marchande. Quand les personnes sont réduites à des consommateurs, quand les citoyens sont transformés en clients et quand les classes sociales deviennent des parts de marché, que peut-il en effet rester de la République dans les consciences ?
Que reste t-il de la Liberté quand le libéralisme la confondue avec le droit dexploiter ou de licencier ? Que reste t-il de lEgalité quand léclatement du territoire et le démembrement infini de la puissance publique font que proximité rime plus que jamais avec inégalité ? Que reste t-il enfin de la Fraternité quand la seule alternative à la précarité ambiante semble être lenfermement communautaire ? Il est temps pour la gauche de répondre à nouveau à la profonde aspiration égalitaire qui traverse notre peuple. Pour cela, nous devons assumer la dimension globale et radicale de notre combat, sur le terrain social comme au niveau des institutions, au plan culturel comme à celui des conditions matérielles de vie. Nous devons aussi renouer avec la dimension culturelle et philosophique du combat socialiste pour la République. Celle-ci est un projet philosophique démancipation globale du travailleur, du citoyen et de la personne qui fondent indissociablement chaque être humain. Pour se concrétiser progressivement, cette ambition suppose une pratique collective qui donne à chacun les moyens de son émancipation, pour saffranchir, ici de la tutelle de ses origines, là de lemprise de sa condition.