Conseil National PCF 20.11.06 : rapport de MG BUFFET partie 2/3
Quelles conséquences doit-on tirer de cette situation ?
D’abord, je voudrais dire très clairement que, contrairement à certaines déclarations qui semblent se réjouir de ce que cette dérive ouvrirait un « espace » politique plus large pour les forces de gauche antilibérales, je suis pour ma part très préoccupée. Car la question du score électoral d’une « candidature anticapitaliste », comme le dit Olivier Besancenot, est franchement beaucoup moins importante que ce qui risque de se passer pour notre peuple. Ce qui nous importe, à nous, communistes, c’est que les élections présidentielle et législatives de 2007 permettent, comme nous ne cessons de le dire, de battre la droite et de réussir à gauche. C’est qu’elles permettent de construire une nouvelle majorité à gauche et un gouvernement de gauche déterminé à combattre véritablement les souffrances imposées à notre peuple et à ouvrir une période nouvelle de progrès social et démocratique pour
Or, les objectifs politiques que Ségolène Royal assigne à sa campagne sont à l’encontre de l’exigence de rassemblement de la gauche pour répondre aux attentes populaires. C’est en cela que la situation est grave et non pas prometteuse. En cela qu’elle concerne bien sûr les forces, les citoyens d’ores et déjà engagés dans la construction d’une gauche antilibérale, mais au-delà toutes les femmes, tous les hommes qui ne peuvent plus attendre pour que leur vie change. En cela qu’elle concerne tout le peuple de gauche.
À toutes, à tous, la même question est posée : au regard de l’enjeu primordial des élections de 2007 et de ce qui en découlera pour les années qui suivront, quel doit être le combat de la gauche ? Au fond : que veut dire « être de gauche » aujourd’hui ?
Voilà en quoi notre responsabilité est engagée.
Elle est engagée parce que le Parti communiste français est un des grands partis de gauche de ce pays et qu’il a des devoirs vis-à-vis du combat de la gauche, qui est le sien ; de l’avenir de la gauche, qui l’engage ; de toutes les femmes, de tous les hommes de gauche dont il partage les espoirs et les valeurs.
Et elle est engagée parce que nous sommes un grand parti populaire, que la raison même de notre combat est de promouvoir les intérêts des forces vives de notre société, du monde du travail, des exploités, des laissés-pour-compte et que le sens de leur vote va être l’enjeu principal de l’échéance décisive qui s’annonce.
Va-t-on laisser faire : contre l’immense danger d’une victoire de Sarkozy, une gauche normalisée, ayant troqué la lutte pour la transformation sociale contre la « modernité » du retour à l’ordre et du social-libéralisme ? Ou va-t-on battre la droite et ouvrir une voie pour la gauche en 2007, une voie à la hauteur des exigences populaires ?
Je veux être absolument claire sur ce point. La construction d’un rassemblement de toutes les forces antilibérales de gauche est plus indispensable que jamais. Depuis plusieurs mois, des forces, des citoyens et citoyennes sont engagés avec nous dans la construction de ce rassemblement. Ce rassemblement s’est donné son ambition d’une nouvelle majorité à gauche et les grands traits de son programme. Des centaines de collectifs militants agissent dans toute
Nous avons également à être aux côtés de toutes celles et ceux qui agissent face aux projets nocifs de la droite et des multinationales : travailleurs sociaux contre la loi délinquance des mineurs ; salariés en lutte contre les licenciements, familles pour le droit au logement, le pouvoir d’achat, jeunes contre les discriminations et les moyens d’étudier, avec les femmes, ce samedi dans les manifs contre les violences qui leur sont faites.., demain pour l’adoption d’une grande loi d’orientation.
Il faut poursuivre sur le pouvoir d’achat avec le rendez-vous du 12 décembre, donner toute leur force aux Assises pour l’emploi, démultiplier nos initiatives de rencontres-débats, meetings… Etre des résistances, répondre à la question « d’autres choix sont-ils possibles ? », problème par problème est essentiel.
Mais je suis persuadée que nous ne serions pas au niveau de nos responsabilités si nous ne prenions pas les initiatives nécessaires pour permettre aux femmes et aux hommes qui ne peuvent plus se reconnaître dans une candidature socialiste tournant le dos au rassemblement de la gauche contre la droite sur un programme apte à contrer les logiques libérales, de mener avec nous la bataille de 2007. Elles, ils ont leur place parmi nous, avec nous.
Au moment du référendum sur le traité constitutionnel européen, nous avons dit : « quand on est de gauche, on vote non ». Et nous avons mené campagne pour donner à ce non un contenu politique précis : social, démocratique, pour un monde de coopération et de paix. Le 29 mai, dans leur grande majorité, les électrices et les électeurs de gauche, les salariés, les précaires, les privés d’emploi, les jeunes ont choisi cette orientation politique en votant « non ». Eh bien aujourd’hui, je considère que nous devrions dire à notre peuple : « être de gauche, c’est voter pour une véritable politique de gauche ». Nous devons proposer de dire, avec toutes celles et tous ceux qui sentent de gauche, qu’être de gauche, c’est se prononcer pour une forte et immédiate augmentation des salaires - à commencer par le SMIC à 1500 euro – l’augmentation des retraites et des minima sociaux ; une sécurité d’emploi et de formation ; une sécurité sociale universelle ; un véritable droit au logement ; le développement et la démocratisation du secteur et des services publics ; une 6ème République citoyenne et participative ; une réforme fiscale et financière permettant d’aller chercher l’argent là où il est afin de le mettre au service des besoins sociaux et de la construction de l’avenir ; une lutte résolue pour l’égalité effective des femmes et des hommes, contre les inégalités et les discriminations qui gangrènent notre société ; une Europe agissant pour un monde de co-développement durable, de coopération et de paix. Nous devons dire : être de gauche, c’est se battre pour qu’autour de telles propositions, une dynamique populaire se développe jusqu’à créer les conditions en 2007 de la constitution d’une majorité et d’un gouvernement de gauche qui mènent une politique de rupture avec le libéralisme.......