Intervention de Sonia FATH au meeting du PG à Strasbourg le 16.12.08

Publié le par PG 67

La France serait-elle plus sociale avec une monnaie sociale ?

Chers Camarades, Mesdames et Messieurs,

Dans notre situation actuelle, nous avons, en France, un seul point de repère en termes de valeur du travail : c’est l’euro. L’euro nous sert de moyen d’échange pour acquérir les biens de consommation et les services dont nous avons besoin pour notre vie, ainsi que le superflu dont nous n’avons pas besoin. Heureux ceux qui ont des euros !


Par ailleurs, l’euro, devenue une denrée rare qui ne se trouve qu’en infime quantité sur les pavés des villes, est refusé à une grande partie de la population. Pour remédier à ce problème, nous avons théoriquement le domaine social, qui s’appuie sur le bénévolat pour résorber les nombreuses difficultés de notre société. Mais d’autre part, un nombre croissant de personnes se débattent de toutes leurs forces et travaillent chez elles pour créer leur propre emploi, leur valeur n’étant plus reconnue sur le marché du travail pour dépassement de la date de péremption.

La question du chômage est LA question de ce début de siècle. Un grand nombre de personnes travaillent sur le sujet : encore une fois, les uns sont payés, les autres non. Parmi ces derniers, il en est un qui propose une véritable solution : concrète, transparente, efficace et juste pour panser cette plaie béante qui s’étale sous nos yeux. Il s’agit de Jean-Marc FLAMENT et de son concept : il l’a appelé le « robin »  et cette monnaie est en fait une valeur complétive de l’euro.

 


Le robin n’est pas une monnaie à proprement parler... Nul n’est obligé de l’accepter en règlement d’une dette ou d’une marchandise. Il n’est pas non plus obligatoire pour acheter un article accessible au grand public. Mais il ressemble à une monnaie dans la mesure où il est versé sur des comptes et ne voyage que virtuellement de compte en compte par un procédé semblable à l’usage d’une carte de crédit. Les robins sont une valeur d’échange au sein d’un réseau constitué de consommateurs et de producteurs réunis dans une association.


Pour acquérir les robins, les consommateurs devront ou faire un don en argent ou, ce que beaucoup font déjà, un travail bénévole dans une organisation sociale, caritative, humanitaire ou écologique. On gagne des robins, à raison de 2 robins pour 1 euro pour tout don d’argent à des personnes démunies, par l’intermédiaire de l’association à créer ou d’organismes accrédités par lui. On gagne également des robins pour un travail bénévole rémunéré au taux de 20 robins par heure. Dans une lettre de janvier 2004, l’URSSAF du Bas-Rhin nous a signalé que ces rémunérations seraient soumises à cotisations sociales. Il sera impossible au Club Robin ou aux futures associations affiliées au réseau de payer ces cotisations sociales en euros, puisque de toute façon la rémunération sera effectuée en robins. Elles seront donc obligatoirement versées à l’URSSAF en robins, ce qui signifie que l’URSSAF accepte les robins pour les redistribuer à des personnes dans le besoin.

 

Puisque les robins s’échangent comme bons de réduction au tarif de 1 robin pour 1 euro dans les commerces solidaires, c’est-à-dire ceux qui s’affilient au réseau et soutiennent l’idée d’une monnaie sociale en acceptant de vendre leurs produits par exemple à 80% en euros et 20% en robins, il est proposé à l’URSSAF de redistribuer ses robins à des personnes handicapées pauvres et à des femmes dont les retraites sont misérables pour avoir élevé des enfants.


Le robin aura également un effet de redynamisation du bénévolat qui souffre d’un manque de personnes engagées. Dorénavant donner devient rentable ! Ce que l’on donne ne réduit plus le pouvoir d’achat mais l’augmente ! Ce que l’on offre enrichit !


La mise en place et la gestion d’un tel concept nécessite bien sûr, même en phase pilote, un nombre relativement important de personnes. Au bout d’un an, il est prévu que 24 personnes soient salariées.


Afin de prévoir l’évolution possible d’un tel concept, on estime à plus de 15% de la population le nombre de bénévoles œuvrant dans les diverses associations. Le nombre de donateurs est encore plus élevé. Grâce à l’incitation que constitue dorénavant la rentabilité de l’acte altruiste, on peut estimer à plus de 60% de la population le nombre de personnes (bénévoles et donateurs) qui pourront obtenir des robins et seront soucieuses de les écouler. Celles-ci constituent un segment de marché qui ne laissera pas le monde marchand indifférent. Les commerçants, dans leur grande majorité, voudront afficher le logo du Robin à leur devanture pour annoncer des réductions de 5 à 30% sur leurs articles, réductions échangeables contre robins. Ils souhaiteront voir leur publicité figurer sur le site « Commerces solidaires » de l’association qui portera le projet où les consommateurs iront chercher les adresses de commerçants qui acceptent leurs robins comme bons de réduction et sur le site « Commerces du réseau » où seront mentionnés les commerces vendant les articles dont le Club Robin aura acquis l’exclusivité.

 

Pour le consommateur, il sera nécessaire d’ouvrir un compte robin. La seule condition est qu’il fasse un don en euros ou un travail bénévole dans un organisme social, caritatif, humanitaire ou écologique. Son compte donne alors droit à un crédit-cadeau de 100 robins en guise de remerciement pour les dons en temps ou en argent faits par le passé ainsi qu’à une autorisation de dépassement automatique de 250 robins. Ces robins remplacent des euros lors d’achats d’articles jouissant d’une réduction « Club » dans les commerces qui affichent le logo du Club Robin ou lors d’achats d’articles figurant sur le site « Centre commercial » du Club, le site étant encore inexistant.

 

Chaque compte ouvert et dont la carte de crédit correspondante coûte 5 euros/an se verra crédité de 100 robins et bénéficiera alors, avec son autorisation de débit automatique de 250 robins, d’un pouvoir d’achat supplémentaire de 350 robins dont chaque titulaire d’une carte de crédit robins pourra disposer immédiatement. Souvenons-nous : 1 robin = 1 euro dans les commerces.

 

Ces cadeaux se justifient logiquement car le cadeau de 100 robins représente symboliquement les dons et autres prestations bénévoles ou impôts de solidarité consentis par le public avant « l’ère du Robin » tandis que l’autorisation de débit automatique prend en compte le décalage entre le moment du don ou de la prestation bénévole et le moment où l’attestation est parvenue et le compte crédité. Ce crédit automatique évite de léser le consommateur ou le commerçant qui accorderait un crédit en robins à une personne dont le compte ne serait pas encore provisionné par suite d’une mise en œuvre trop lente.


Le cadeau est un argument décisif pour inciter les commerçants et producteurs à s’engager avec nous pour un monde plus humain. Vu que le Bas-Rhin compte un gros million d’habitants (1.026.000), si seulement 15% de la population du Bas-Rhin font appel au cadeau, cela fait déjà 150.000 x 350 = 52.500.000 robins disponibles sur le marché ce qui, compte tenu d’une remise de 20% en moyenne, entraîne un chiffre d’affaires en euros quatre fois supérieur, soit 210 millions d’euros qu’il serait dommage de laisser à la concurrence.

 

Le 20 février 2004, le plan d’affaires était prêt, les statuts pour l’association française également, ainsi que le plan de financement, le compte de résultats prévisionnel et le tableau de trésorerie, 350 associations bas-rhinoises et 10 commerces du centre de Strasbourg avaient été contactés pour un premier retour de pensées.

 

Malheureusement, la lettre de l’URSSAFF nous a arrêtés net. L’URSSAF ne pouvant rien décider car affiliée à une fédération du nom de ACOSS, elle-même affiliée au Ministère des Affaires Sociales, et vu que le Ministère concerné et le gouvernement sont en période électorale depuis mars 2004, nous avons été obligés de renoncer à faire avancer ce projet capital pour la santé économique du pays.


Nous ne pouvons accepter plus longtemps d’être empêchés de créer des emplois !

Nous ne pouvons accepter plus longtemps d’être empêchés de tirer des femmes et des hommes de la misère.

Nous ne pouvons accepter plus longtemps d’être empêchés de provoquer une relance de l’économie par manque de bonne volonté de la part de ceux que nous avons contactés jusqu’à présent, la CLI de Strasbourg incluse. Retrouvons-nous autour de ce projet pour le mettre en place, trop de personnes souffrent en raison de son absence.


Le Robin, c’est l’anticapitalisme appliqué à l’économie

MERCI

 

Il est prévu de lancer ce concept en projet pilote dès que possible sur le Bas-Rhin (avec ramifications sur l’ensemble de la France) et sur la province de Liège où est installé le concepteur du projet, les deux régions ayant environ 1 million d’habitants, ce qui permettrait de bonnes comparaisons.

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Publié dans Qui sommes nous

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