Intervention de Monique MAITTE au meeting du PG à Strasbourg le 16.12.08

Publié le par PG 67

Je suis porte parole du Collectif SDF Alsace; voilà ce qui me préoccupe; le sans-abrisme, le mal logement, l’emploi précaire, la santé.

 Pour que les tentes disparaissent, pour que des personnes, des familles ne soient plus obligées de s'abriter dans des box de parking, des caves, sous des abris de misère, les pouvoirs publics, les Elus, doivent construire des logements! Tout le monde sait cela. Et en attendant, tout le monde sait également que nous pouvons lancer des solutions alternatives. Tout le monde sait, personne ne fait.

 Pour ce type de problème, et afin d’agir rapidement et efficacement, notre démocratie est dotée de moyens et de dirigeants élus qui nous représentent, et se doivent, en notre nom à tous, de faire appliquer la Constitution, la loi, et de garantir, au nom de chaque citoyen, une égalité de traitement entre tous; un toit c'est la loi, un toit c'est un droit. Pour que ça ne reste pas un slogan c’est à nous de le rendre vivant.

 

Nous devrons rappeler aux pouvoirs publics, et à nos élus, qu’il est de leur devoir de construire les logements qui manquent et d'appliquer la loi de réquisition – immédiatement.

 Les moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics depuis des années, et l’action, des associations humanitaires, ne sont pas adaptés. Cela n’a pas de sens d’être dans une action d’urgence depuis plus de quinze ans, quand il s’agit d’un problème que l’on aurait pu résoudre pendant ce temps.

 Je suis parmi vous ce soir, car il est temps d’avoir une réflexion sur la responsabilité collective de la société dans les réalités que vivent les personnes.

Je suis surprise du peu de réflexions sur les responsabilités et les logiques qui construisent les inégalités et la misère.

 

À Strasbourg :

La municipalité nous vend la démocratie participative, comme un produit miracle à coup de pub. Mais tout semble mis en oeuvre pour que les personnes concernées par la précarité ne se sentent pas concernées par des discours incompréhensibles. Le langage utilisé éloigne les électeurs potentiels qui ne se reconnaissent pas. Il est temps de “parler aux citoyens”…

 

À Strasbourg

Presque rien, sur la question de l’argent, de l’utilisation de l’argent, sur qui en décide. On aurait pu penser que cette question aurait fait l’objet de nombreuses discussions, en ces temps où le gouvernement trouve des centaines de milliards pour renflouer les banques alors qu’il n’y a jamais d’argent pour assurer des droits fondamentaux. Personne n’a proposé par exemple que la CUS installe un budget participatif ouvrant la possibilité de participer aux choix budgétaires. Aurai-je donné la priorité aux guirlandes : 245.000 euros ?

 

Comme si, nous acceptions que cette question de l’utilisation de l’argent reste hors de notre portée, de nos compétences.

 La crise, que nous connaissons, financière, économique, sociale et écologique, appelle à inventer de nouvelles solutions liant l’urgence sociale et l’urgence écologique.

Mais les alternatives concrètes, restent encore à inventer et à construire.

 L’aggravation de la pauvreté et des inégalités, sont surtout le résultat de choix fait par une poignée de personnes.

 L’État est-il le seul responsable ?

Que se passe t-il à Strasbourg ?

 Le bailleur Cus-Habitat continue de vider des appartements, des immeubles entiers, alors que des gens n’ont pas de toit. Pas de démolition immédiate prévue. La municipalité qui a des sièges chez ce bailleur ne peut ignorer cela. Non, ce sont les pauvres qu’elles ignorent.

Cus-Habitat a déposé un grand nombre de dossiers d’expulsions, sans faire de signalement aux services sociaux, car il faudrait les reloger.

En ce moment un autre bailleur social démoli un immeuble de 60 appartements à la Meinau, avec l’accord de la Municipalité, alors que nous demandions qu’il soit mis à la disposition d’une association pour une mise à l’abri pour les 5 mois d’hiver… Mais la Ville a laissé faire le “plan chaises” Une chaise, voilà ce qui sera proposé aux sans-abri pour y passer la nuit.

Et cet hiver encore beaucoup d’argent sera dépensé en hébergement précaire dans des hôtels minables à 45 euros la nuit, revenant plus cher qu’un logement.

 En ce qui concerne les projets de reconstructions, ils sont lointains et les 35 % de logements sociaux don’t on se gausse restent imprécis ; s’agit-il de PLAI (Prêt locatif aidé d’intégration)?

  Je suis là ce soir parce que ceux qui sont à l’origine du Parti de Gauche de Strasbourg n’ont jamais craint de donner la parole aux pauvres, ils n’ont jamais craint de répondre à nos appels, ...

 Je suis là ce soir, parce que pour eux des mots comme “démocratie”, “solidarité”, “mixité”… peuvent retrouver sens.

Je suis là ce soir parce que j’ai envie de vous dire haut et fort “ça suffit comme ça”.

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Publié dans Qui sommes nous

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