« Sport pour lEurope, la France et le Bas-Rhin» partie 1/2
Contribution thématique présentée par William Gasparini, Jean-Charles Vescovo et le groupe de travail unitaire (GTU) dans le cadre du congrès des socialistes de novembre 2005
Activité éducative, spectacle, vecteur de propagande politique, moyen de prévention des risques sanitaires, outil de gestion des ressources humaines, facteur d’intégration sociale, instrument de contrôle des masses, fabrique de rêve, … le sport est porteur de nombreuses fonctions sociales non réductibles aux vertus éducatives intrinsèques (avancées par le mouvement sportif) ou, à l’opposé, au caractère naturellement aliénant du sport de compétition ou du spectacle sportif (le sport nouvel "opium du peuple "). Ni symbole de la démocratie et de la "juste inégalité " ni moyen d’oppression et de conditionnement idéologique, le sport peut être considéré, sous certaines conditions, comme un bien public et une ressource pour les citoyens.
Reconnues de longue date, les vertus éducatives et sanitaires des activités physiques pratiquées de manière raisonnée et le rôle du sport dans l’éducation populaire dépendent, pour une large part, des conditions de pratique de ces activités et des politiques publiques volontaristes qui les développent. Lorsqu’il s’intègre dans un projet d’intérêt général, que le cadre d’une République sociale peut définir, le sport contribue au maintien de la santé, permet de lutter contre l’obésité, de rapprocher les peuples, les sexes et les générations et de réduire les inégalités d’accès à la culture.
Au contraire, lorsqu’il est laissé au marché, "à la concurrence libre et non faussée " et à l’unique sport associatif de compétition, la pratique sportive renvoie à la compétition à outrance, la séparation des sexes et la domination masculine, le narcissisme, l’obsession du corps performant, la discrimination et la consommation de biens sportifs sans détour réflexif et critique.
On observe ainsi que la consommation de biens, de spectacles, de médias et de services sportifs devient progressivement l’un des éléments structurants majeurs de la société française. Depuis quelques années, la "passion " pour le sport ne cesse de s’amplifier, sous la pression de tous les agents économiques qui orchestrent et exploitent ce phénomène : équipementiers sportifs (Adidas, Nike, Puma, Fila, Décathlon, …), télévisions privées (Eurosport, Pathé sport, TF1, …), agences de marketing sportif, industriels d’articles de sports (Rossignol, Salomon, …), sponsors (Coca-Cola, McDonald’s, Yahoo, L C L, Mars, MasterCard International, etc….), vendeurs de prestations sportives (salles de fitness, remise en forme à domicile) et de programmes sportifs en tout genre. Dans le même temps, la démission des pouvoirs publics constatée dans plusieurs pays néo-libéraux et sociaux-libéraux favorise la marchandisation du sport et des sportifs et entraîne l’exclusion des publics les moins favorisés. ..................................................