« Sport pour lEurope, la France et le Bas-Rhin» partie 2/2
Schématiquement, les services sportifs peuvent être segmentés en quatre grands secteurs :
- les services publics marchands (financés par les usagers et les impôts locaux) : piscines, patinoires, centres sportifs municipaux… ;
- les services publics non marchands (financés par l’impôt) : l’EPS scolaire, obligatoire et gratuite ;
- les services privés non marchands dans le secteur associatif (financés en partie par les usagers et par les collectivités publiques) : le sport "volontaire " ou sport amateur ;
- les services sportifs privés marchands (financés par les usagers-clients) : il s’agit d’une part du sport-spectacle pratiqué par des sportifs professionnels et proposé sous la forme commerciale de spectacles (vivants et télédiffusés) et, d’autre part, des activités physiques et sportives proposées dans des structures privées commerciales (salles de fitness, agences de tourisme sportifs, …).
Dans le domaine du sport, ce que l’on constate en France (et en Europe de manière plus flagrante), c’est une réduction progressive des services publics non marchands au profit des services privés (marchands et non marchands).
En dehors de ces espaces sportifs structurés, des individus s’adonnent "librement " à la pratique d’activités physiques et sportives. Or, tout comme l’absence de pratique, la "pratique sportive libre " est fortement marquée par les conditions sociales d’existence. Malgré un processus de massification de la culture sportive, les disparités restent importantes et le sport demeure porteur de différenciation et d’inégalités sociales. L’accès des jeunes aux pratiques sportives dépend non seulement des revenus des parents mais aussi des représentations sociales liées aux sports et au corps.
C’est dans les milieux sociaux les moins favorisés que les jeunes font le moins de sport, le phénomène étant particulièrement marqué chez les filles. Quand le milieu social s’élève, les filles sont plus nombreuses à faire du sport et en font plus fréquemment. Dans le Bas-Rhin par exemple, dans les foyers aux niveaux de revenu les plus élevés, 80% des jeunes font du sport, tandis que dans les foyers moins favorisés, ils ne sont que 60% et les écarts sont beaucoup plus marqués pour les filles que pour les garçons. Dans les familles où aucun des parents n’est diplômé, 52% des jeunes font du sport, contre 83% quand un des parents est diplômé du supérieur.
Face à ces inégalités, seul un vrai service public des activités physiques et sportives tant à l’échelle de l’Etat qu’à celle des collectivités territoriales semble susceptible de rétablir le cadre républicain nécessaire à une certaine justice sociale dans l’accès aux activités sportives. En tant que discipline d’enseignement obligatoire à l’école (primaire, collèges et lycées), l’EPS peut jouer ce rôle. Cependant, le faible volume horaire consacré à cette discipline, les dispenses d’EPS de plus en plus fréquentes, les mauvaises conditions d’enseignement dans les ZEP (espaces où les adolescents -notamment les filles- auraient besoin d’une activité corporelle) et l’hétérogénéité des niveaux ne permettent pas à l’EPS de jouer pleinement son rôle éducatif. Sans oublier que cette matière scolaire est traditionnellement attaquée par la droite, car elle est considérée par les néo-libéraux et les tenants d’un service public minimum comme trop coûteuse (d’où la tentative de l’ex. Ministre Fillon de l’exclure du socle des enseignements "indispensables ").
Dotées de compétences en matière sportives, nos collectivités territoriales, notamment les municipalités et les départements, devraient s’impliquer davantage, en relation avec le mouvement sportif local, dans une véritable politique d’éducation physique et sportive pour lutter contre la sédentarité, l’obésité (et d’autres risques sanitaires) et l’exclusion qui touchent non seulement les jeunes mais aussi les adultes et le 3ème âge. Or, les politiques sportives de nos deux départements alsaciens restent encore trop souvent orientées vers la seule compétition sportive (aide à la licence, aide à l’équipement sportif aux normes fédérales, aide aux sportifs de haut niveau, aide aux comités sportifs, etc…).
Dans le contexte d’une marchandisation des activités physiques et sportives et d’une externalisation de certains services publics sportifs (patinoire de Strasbourg,…) mais aussi d’une augmentation des problèmes sanitaires qui touchent en majorité les classes populaires (obésité notamment), il s’agit finalement pour la Gauche et la future direction du Parti socialiste, soutenu notre électorat populaire de, non seulement défendre l’existence d’un service territorial du sport à caractère éducatif, mais également d’affirmer clairement la volonté de réappropriation collective des moyens d’action. Ceci dans un souci de réduire des inégalités toujours plus criantes dans l’accès à la pratique sportive mais également avec l’objectif d’établir de nouvelles règles conforment à nos valeurs républicaines et socialistes.
une République sociale pour plus de justice sociale !!