Résolution politique du CN de PRS partie 1/2
Conseil National de PRS des 20 et 21 janvier 2007
Résolution finale
Résolution finale
Dans trois mois presque jour pour jour se tiendra le premier tour de l’élection présidentielle.
Cette élection survient au terme des cinq années de droite au pouvoir qui ont suivi le désastre du 21 avril 2002. Celles-ci ont systématiquement aggravé l’état d’urgence sociale et politique que connaît notre pays.
L’Etat d’urgence
● Après cinq ans de droite, l’urgence sociale est plus criante que jamais. Plus de 1 200 000 adultes vivaient en 2006 avec le RMI (20% de plus qu’en 2002). La moitié d’entre eux n’est pas inscrits à l’ANPE et un quart a des enfants à sa seule charge. On dénombre 3,5 millions d’allocataires des minima sociaux et 6 millions de personnes en vivent. Toutes catégories confondues, le nombre de chômeurs recensé par l’ANPE dépasse les 5 millions.
S’il faut d’abord mentionner cette pauvreté de masse, c’est qu’elle n’est pas un à-côté du système. Elle en est le coeur. Elle est à la fois un instrument et la manifestation la plus significative du déséquilibre social organisé par le capitalisme de notre temps. D’un côté une accumulation record, de l’autre la destruction progressive des protections sociales sans laquelle une telle accumulation de richesse ne serait pas réalisable. La pauvreté de masse est le résultat de l’austérité salariale, de la précarisation du travail, des déremboursement médicaux et autres forfaits à la charge des malades, de la diminution du montant des retraites, de l’affaiblissement des services publics, de la spéculation foncière et immobilière. Elle témoigne de la dégradation générale de la condition salariale. D’ailleurs, sur dix personnes sans domicile fixe, plus de 3 en moyenne sont des personnes qui travaillent et qui reçoivent un salaire.
La situation faite à ces travailleurs pauvres résume le moment que vit le salariat de notre pays. Précarité d’un côté : en 10 ans, l’intérim a augmenté de 130%, le nombre de CDD de 60%, les CDI de seulement 2%. Austérité de l’autre : 12% des salariés ont un salaire inférieur au SMIC. Résultat : 7 millions de travailleurs perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois. Ils se trouvent dans l’incapacité de se nourrir, de se loger ou de s’habiller décemment. Le nombre d’impayés de loyer n’a jamais été aussi grand. Celui des ménages surendettés bat aussi des records. Pendant ce temps, la part des ménages imposés à l’ISF n’a jamais été aussi élevée. Les inégalités explosent. Les 10% les plus riches possèdent 40% de la richesse du pays. Les inégalités dans le salariat ne cessent de s’accroître, tirées par le bas de l’échelle des salaires. La différence d’espérance de vie entre cadres et ouvriers n’a pas cessé d’augmenter. 90% des cadres partent en vacances mais seulement 48 %des ouvriers. Un quart des enfants de 5 à 19 ans ne partent jamais en vacances.
Il faut ne jamais l’oublier : la question sociale est le coeur de la crise du pays. Elle ne peut pas être traitée sans rompre la chaîne des privilèges qui favorise nécessairement les uns au détriment des autres. Seule une nouvelle politique rompant avec les orientations actuelles permettra de résoudre l’urgence sociale. Nous voulons donc mettre cette question au coeur de l’élection présidentielle en sachant que nombreux sont ceux qui voudront « parler d’autre chose. En particulier la diversion sécuritaire restera l’objectif permanent de la droite et de l’extrême droite. Notre ligne d’action va donc viser à rendre incontournable la question sociale sous toutes ses formes dans la campagne électorale.
● Les cinq années de droite à la tête du pays ont également vu s’aggraver l’état d’urgence politique que le résultat du 21 avril 2002 a fait jaillir en pleine lumière. La législature a creusé le fossé qui existe entre les aspirations populaires et les responsables politiques censées les représenter. Le pouvoir a été désavoué à plusieurs reprises dans la rue puis dans les urnes. Il n’a pu mener sa politique de dynamitage des acquis sociaux et républicains qu’à cause d’une Constitution qui permet de gouverner sans tenir aucun compte des votes qui interviennent après l’élection d’un président de la République. Mais en agissant de cette façon la droite au pouvoir a renvoyé à la présidentielle de 2007 l’intégralité de la crise politique. Dès lors, ce rendez-vous dans les urnes trouve le pays dans un état d’exaspération qui a encore franchi plusieurs crans. Dans tous les camps en présence, on constate une même radicalisation des points de vue. Mais en même temps s’accroît aussi le nombre immense des désorientés-désemparés, qui peuvent passer en quelques instants de la rage de tout changer à un sentiment désespéré d’impuissance.
● Pour l’instant, la crise n’a pas trouvé son issue. Elle cherche encore son chemin. Le moindre mouvement dans la société peut la faire éclater et la donner soudain à voir. Il y a à peine plus d’un an, c’est un jeune mort dans un transformateur alors qu’il cherchait à échapper à un contrôle de police à Clichy-sous-Bois qui mettait le feu aux poudres dans la jeunesse des quartiers populaires. Et c’est la ligne sécuritaire de Nicolas Sarkozy qui en tirait les bénéfices politiques immédiats avec le vote de l’état d’urgence au Parlement occultant l’état d’urgence sociale dans le pays. Demain, dans le cours de la campagne présidentielle, tout peut à nouveau arriver.
Déjà, des signes forts annoncent une campagne électorale placée sous contrainte sociale. On n’avait jamais vu à trois mois d’une présidentielle se lever comme à Firmi pour les services publics ou à Paris pour le logement des mobilisations aussi fortes et déterminées à intervenir directement dans le contenu de la campagne. La société est en mouvement. L’approche de l’élection précipite l’implication populaire.
De l’implication populaire à l’insurrection civique
● Cette implication populaire prend fondamentalement une forme civique. Déjà, la fin d’année 2006 a connu un grand nombre de nouvelles inscriptions sur les listes électorales. Nous ne disposons pas encore de totalisation nationale. Mais les indications de multiples communes convergent. A Lyon, les nouvelles inscriptions ont doublé par rapport à 2005. A Metz, elles ont été multipliées par quatre. A Toulouse, 23 826 personnes se sont inscrites entre février et décembre 2006 (7 420 en 2005). A Rouen, l'année 2006 enregistre 10 689 inscriptions nouvelles (contre 4 096 en 2005). Le 22 décembre, Nantes enregistrait 19 985 nouveaux futurs électeurs (9 140 en 2005). A Roubaix, les chiffres ont été multipliés par dix entre novembre 2005 et novembre 2006, passant de 52 à 577. Comparé à celui de la présidentielle de 2002, le corps électoral marque des hausses très importantes dans plusieurs villes : +12% à Marseille, +60% à Nancy, +76% à Amiens, +90% à Trappes.
Mais cela ne veut pas dire que le processus civique en cours ne fait son chemin que dans l’attente du jour des élections. Ni que le bulletin de vote pour l’élection présidentielle soit son unique forme d’expression à venir. Ce bulletin de vote est un moyen fondamental, bien sûr et cela se confirme à chaque discussion.
Mais les candidats ne doivent pas s’y tromper. L’implication populaire préfigure un projet politique où la souveraineté populaire est le coeur de tout, même si les mots pour le dire ne sont pas toujours prononcés de cette façon. Dès lors loin d’être une atténuation ou une « modération » de la colère sociale que telle ou telle forme de lutte exprime c’est au contraire la radicalité de sa volonté d’aboutir qui se manifeste. Son contenu fondamentalement anti libéral est dans le fait qu’elle nie le droit du marché à décider là où la volonté humaine décide de s’imposer. C’est la revendication d’une régulation particulière qui s’impose : la régulation citoyenne. En République cela s’appelle la souveraineté du peuple.
● Sur le terrain social, les formes de lutte montrent que cette réappropriation citoyenne des fondements républicains s’opère dans la confrontation avec le pouvoir en place. Les citoyens mobilisés retournent contre ceux qui nous gouvernent ce qui constitue dans notre culture républicaine le fondement même de leur légitimité. C’est, par exemple, la « consultation citoyenne » avec l’organisation rigoureuse d’un référendum local, voulu par le Maire de Firmi et demandé par les habitants conformément à la loi sur la démocratie de proximité du gouvernement Jospin. L’intérêt général également, qui légitime le refus de soumettre la collectivité à la loi du marché. On retrouve ces ingrédients dans la création du « Ministère » de la Crise du Logement et dans l’application de la loi de réquisition à la place d’un Etat qui se dérobe à sa mission d’assurer le droit au logement inscrit dans la Constitution. On les retrouve dans le mouvement du Réseau Educations Sans Frontières à travers l’organisation de parrainages républicains dans les mairies pour soutenir les jeunes sans papiers. On les retrouve dans le combat d’ « AC le Feu » appelant la jeunesse populaire à s’inscrire sur les listes électorales pour répliquer à Sarkozy au lendemain des émeutes.
La lutte sociale militante et la mobilisation démocratique fusionnent en une démarche unique. Après Guéret, Firmi en donne la forme la plus aboutie. C’est cela une « mobilisation républicaine » :
1) la défense d’un intérêt général clairement énoncé,
2) la désignation claire de l’intérêt particulier auquel elle s’oppose,
3) l’implication citoyenne (c'est-à-dire sans exclusive de catégorie de participant en vue d’une
décision qui engagera tous ceux qui l’ont prise ensemble quelque soit leur avis),
4) la forme démocratique et citoyenne de cette implication populaire,
5) l’articulation avec une instance démocratique représentative (comme par exemple le conseil municipal dans le cas de Firmi).
● Ces mobilisations participent au processus d’émancipation individuelle et collective par rapport à l’idéologie dominante. Une nouvelle légitimité se construit dans ce type de processus. Les citoyens motivés y détiennent seuls aux yeux de tous l’autorité incontestée. Devant elle tous les pouvoirs et autorités constitués sont pries de se plier. Elles le font à mesure sans y gagner aucune considération mais plutôt en affichant le discrédit des pouvoirs légaux. Dernier exemple en date, les enfants de Don Quichotte et les Macaq font céder le gouvernement en trois semaines sur une question pendante depuis près de vingt ans. Personne pourtant ne croit à la parole donnée. L’impuissance de l’Etat s’aggrave en s’affichant. On peut alors dire que l’implication populaire prend la forme d’un processus d’insurrection civique.
La place des socialistes républicains est au coeur de cette insurrection civique. Il s’agit pour eux de la conforter, l’éduquer, lui permettre de s’exprimer dans la bataille présidentielle afin de rendre le peuple acteur de la victoire contre la droite. En 2003 contre les retraites, en 2004 lors des élections régionales, cantonales et européennes, en 2005 lors du référendum sur le projet de Constitution européenne, en 2006 avec le mouvement contre le CPE, c’est l’irruption du peuple qui a permis de battre le libéralisme. Dans l’élection présidentielle de 2007, c’est la participation populaire qui sera la clé de la situation. Elle fera le résultat.
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Cette élection survient au terme des cinq années de droite au pouvoir qui ont suivi le désastre du 21 avril 2002. Celles-ci ont systématiquement aggravé l’état d’urgence sociale et politique que connaît notre pays.
L’Etat d’urgence
● Après cinq ans de droite, l’urgence sociale est plus criante que jamais. Plus de 1 200 000 adultes vivaient en 2006 avec le RMI (20% de plus qu’en 2002). La moitié d’entre eux n’est pas inscrits à l’ANPE et un quart a des enfants à sa seule charge. On dénombre 3,5 millions d’allocataires des minima sociaux et 6 millions de personnes en vivent. Toutes catégories confondues, le nombre de chômeurs recensé par l’ANPE dépasse les 5 millions.
S’il faut d’abord mentionner cette pauvreté de masse, c’est qu’elle n’est pas un à-côté du système. Elle en est le coeur. Elle est à la fois un instrument et la manifestation la plus significative du déséquilibre social organisé par le capitalisme de notre temps. D’un côté une accumulation record, de l’autre la destruction progressive des protections sociales sans laquelle une telle accumulation de richesse ne serait pas réalisable. La pauvreté de masse est le résultat de l’austérité salariale, de la précarisation du travail, des déremboursement médicaux et autres forfaits à la charge des malades, de la diminution du montant des retraites, de l’affaiblissement des services publics, de la spéculation foncière et immobilière. Elle témoigne de la dégradation générale de la condition salariale. D’ailleurs, sur dix personnes sans domicile fixe, plus de 3 en moyenne sont des personnes qui travaillent et qui reçoivent un salaire.
La situation faite à ces travailleurs pauvres résume le moment que vit le salariat de notre pays. Précarité d’un côté : en 10 ans, l’intérim a augmenté de 130%, le nombre de CDD de 60%, les CDI de seulement 2%. Austérité de l’autre : 12% des salariés ont un salaire inférieur au SMIC. Résultat : 7 millions de travailleurs perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois. Ils se trouvent dans l’incapacité de se nourrir, de se loger ou de s’habiller décemment. Le nombre d’impayés de loyer n’a jamais été aussi grand. Celui des ménages surendettés bat aussi des records. Pendant ce temps, la part des ménages imposés à l’ISF n’a jamais été aussi élevée. Les inégalités explosent. Les 10% les plus riches possèdent 40% de la richesse du pays. Les inégalités dans le salariat ne cessent de s’accroître, tirées par le bas de l’échelle des salaires. La différence d’espérance de vie entre cadres et ouvriers n’a pas cessé d’augmenter. 90% des cadres partent en vacances mais seulement 48 %des ouvriers. Un quart des enfants de 5 à 19 ans ne partent jamais en vacances.
Il faut ne jamais l’oublier : la question sociale est le coeur de la crise du pays. Elle ne peut pas être traitée sans rompre la chaîne des privilèges qui favorise nécessairement les uns au détriment des autres. Seule une nouvelle politique rompant avec les orientations actuelles permettra de résoudre l’urgence sociale. Nous voulons donc mettre cette question au coeur de l’élection présidentielle en sachant que nombreux sont ceux qui voudront « parler d’autre chose. En particulier la diversion sécuritaire restera l’objectif permanent de la droite et de l’extrême droite. Notre ligne d’action va donc viser à rendre incontournable la question sociale sous toutes ses formes dans la campagne électorale.
● Les cinq années de droite à la tête du pays ont également vu s’aggraver l’état d’urgence politique que le résultat du 21 avril 2002 a fait jaillir en pleine lumière. La législature a creusé le fossé qui existe entre les aspirations populaires et les responsables politiques censées les représenter. Le pouvoir a été désavoué à plusieurs reprises dans la rue puis dans les urnes. Il n’a pu mener sa politique de dynamitage des acquis sociaux et républicains qu’à cause d’une Constitution qui permet de gouverner sans tenir aucun compte des votes qui interviennent après l’élection d’un président de la République. Mais en agissant de cette façon la droite au pouvoir a renvoyé à la présidentielle de 2007 l’intégralité de la crise politique. Dès lors, ce rendez-vous dans les urnes trouve le pays dans un état d’exaspération qui a encore franchi plusieurs crans. Dans tous les camps en présence, on constate une même radicalisation des points de vue. Mais en même temps s’accroît aussi le nombre immense des désorientés-désemparés, qui peuvent passer en quelques instants de la rage de tout changer à un sentiment désespéré d’impuissance.
● Pour l’instant, la crise n’a pas trouvé son issue. Elle cherche encore son chemin. Le moindre mouvement dans la société peut la faire éclater et la donner soudain à voir. Il y a à peine plus d’un an, c’est un jeune mort dans un transformateur alors qu’il cherchait à échapper à un contrôle de police à Clichy-sous-Bois qui mettait le feu aux poudres dans la jeunesse des quartiers populaires. Et c’est la ligne sécuritaire de Nicolas Sarkozy qui en tirait les bénéfices politiques immédiats avec le vote de l’état d’urgence au Parlement occultant l’état d’urgence sociale dans le pays. Demain, dans le cours de la campagne présidentielle, tout peut à nouveau arriver.
Déjà, des signes forts annoncent une campagne électorale placée sous contrainte sociale. On n’avait jamais vu à trois mois d’une présidentielle se lever comme à Firmi pour les services publics ou à Paris pour le logement des mobilisations aussi fortes et déterminées à intervenir directement dans le contenu de la campagne. La société est en mouvement. L’approche de l’élection précipite l’implication populaire.
De l’implication populaire à l’insurrection civique
● Cette implication populaire prend fondamentalement une forme civique. Déjà, la fin d’année 2006 a connu un grand nombre de nouvelles inscriptions sur les listes électorales. Nous ne disposons pas encore de totalisation nationale. Mais les indications de multiples communes convergent. A Lyon, les nouvelles inscriptions ont doublé par rapport à 2005. A Metz, elles ont été multipliées par quatre. A Toulouse, 23 826 personnes se sont inscrites entre février et décembre 2006 (7 420 en 2005). A Rouen, l'année 2006 enregistre 10 689 inscriptions nouvelles (contre 4 096 en 2005). Le 22 décembre, Nantes enregistrait 19 985 nouveaux futurs électeurs (9 140 en 2005). A Roubaix, les chiffres ont été multipliés par dix entre novembre 2005 et novembre 2006, passant de 52 à 577. Comparé à celui de la présidentielle de 2002, le corps électoral marque des hausses très importantes dans plusieurs villes : +12% à Marseille, +60% à Nancy, +76% à Amiens, +90% à Trappes.
Mais cela ne veut pas dire que le processus civique en cours ne fait son chemin que dans l’attente du jour des élections. Ni que le bulletin de vote pour l’élection présidentielle soit son unique forme d’expression à venir. Ce bulletin de vote est un moyen fondamental, bien sûr et cela se confirme à chaque discussion.
Mais les candidats ne doivent pas s’y tromper. L’implication populaire préfigure un projet politique où la souveraineté populaire est le coeur de tout, même si les mots pour le dire ne sont pas toujours prononcés de cette façon. Dès lors loin d’être une atténuation ou une « modération » de la colère sociale que telle ou telle forme de lutte exprime c’est au contraire la radicalité de sa volonté d’aboutir qui se manifeste. Son contenu fondamentalement anti libéral est dans le fait qu’elle nie le droit du marché à décider là où la volonté humaine décide de s’imposer. C’est la revendication d’une régulation particulière qui s’impose : la régulation citoyenne. En République cela s’appelle la souveraineté du peuple.
● Sur le terrain social, les formes de lutte montrent que cette réappropriation citoyenne des fondements républicains s’opère dans la confrontation avec le pouvoir en place. Les citoyens mobilisés retournent contre ceux qui nous gouvernent ce qui constitue dans notre culture républicaine le fondement même de leur légitimité. C’est, par exemple, la « consultation citoyenne » avec l’organisation rigoureuse d’un référendum local, voulu par le Maire de Firmi et demandé par les habitants conformément à la loi sur la démocratie de proximité du gouvernement Jospin. L’intérêt général également, qui légitime le refus de soumettre la collectivité à la loi du marché. On retrouve ces ingrédients dans la création du « Ministère » de la Crise du Logement et dans l’application de la loi de réquisition à la place d’un Etat qui se dérobe à sa mission d’assurer le droit au logement inscrit dans la Constitution. On les retrouve dans le mouvement du Réseau Educations Sans Frontières à travers l’organisation de parrainages républicains dans les mairies pour soutenir les jeunes sans papiers. On les retrouve dans le combat d’ « AC le Feu » appelant la jeunesse populaire à s’inscrire sur les listes électorales pour répliquer à Sarkozy au lendemain des émeutes.
La lutte sociale militante et la mobilisation démocratique fusionnent en une démarche unique. Après Guéret, Firmi en donne la forme la plus aboutie. C’est cela une « mobilisation républicaine » :
1) la défense d’un intérêt général clairement énoncé,
2) la désignation claire de l’intérêt particulier auquel elle s’oppose,
3) l’implication citoyenne (c'est-à-dire sans exclusive de catégorie de participant en vue d’une
décision qui engagera tous ceux qui l’ont prise ensemble quelque soit leur avis),
4) la forme démocratique et citoyenne de cette implication populaire,
5) l’articulation avec une instance démocratique représentative (comme par exemple le conseil municipal dans le cas de Firmi).
● Ces mobilisations participent au processus d’émancipation individuelle et collective par rapport à l’idéologie dominante. Une nouvelle légitimité se construit dans ce type de processus. Les citoyens motivés y détiennent seuls aux yeux de tous l’autorité incontestée. Devant elle tous les pouvoirs et autorités constitués sont pries de se plier. Elles le font à mesure sans y gagner aucune considération mais plutôt en affichant le discrédit des pouvoirs légaux. Dernier exemple en date, les enfants de Don Quichotte et les Macaq font céder le gouvernement en trois semaines sur une question pendante depuis près de vingt ans. Personne pourtant ne croit à la parole donnée. L’impuissance de l’Etat s’aggrave en s’affichant. On peut alors dire que l’implication populaire prend la forme d’un processus d’insurrection civique.
La place des socialistes républicains est au coeur de cette insurrection civique. Il s’agit pour eux de la conforter, l’éduquer, lui permettre de s’exprimer dans la bataille présidentielle afin de rendre le peuple acteur de la victoire contre la droite. En 2003 contre les retraites, en 2004 lors des élections régionales, cantonales et européennes, en 2005 lors du référendum sur le projet de Constitution européenne, en 2006 avec le mouvement contre le CPE, c’est l’irruption du peuple qui a permis de battre le libéralisme. Dans l’élection présidentielle de 2007, c’est la participation populaire qui sera la clé de la situation. Elle fera le résultat.
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