LETTRE D'INFORMATION - Juin 2005 - N° 36- de Marie-Françoise Janot, Conseillère Municipale et Communautaire de STRASBOURG
ENCORE UN PROJET ABANDONNE
Dès le début de leur mandat, le Maire et le Président de la CUS ont projeté de déménager la Foire exposition. Ils considéraient l'espace du Wacken trop étroit pour être réaménagé en un lieu digne de Strasbourg, Ville Européenne.
Ils ont retenu un emplacement situé sur la commune d'Eckbolsheim, derrière le parc des sports de Hautepierre, là où sera construit également le Zénith. D'après eux, il n'y avait pas de meilleur endroit. Les études ont été lancées dès janvier 2003, pour un montant de 275000 euros, augmenté ensuite d'une somme d'environ 100000 euros pour une mission de coordination des études. Les travaux devaient commencer en 2005 et se terminer en 2008.
Les habitants de Hautepierre ont vite remarqué que les accès à cette zone n'existaient pas, et se sont inquiété des conséquences sur la circulation dans leur quartier. Le tandem s'est montré rassurant : on aménagerait la sortie de l'autoroute au niveau du centre commercial Auchan, on ferait une nouvelle voierie à travers les jardins familiaux de Hautepierre, la VLIO (Voie de Liaison Intercommunale Ouest) allait enfin pouvoir se faire, et on prolongerait le tramway jusqu'à ces installations. Et puis, toutes les études de simulation faites par les services montraient qu'il n'y aurait pas de difficultés majeures.
En 2004, le projet de VLIO a été abandonné suite à l'annulation de la déclaration d'utilité publique. Le projet d'installation de la foire et du Zénith n'a pas pour autant été remis en question.
Surprise! Au conseil de communauté de Mai 2005, on apprend que le site d'Eckbolsheim pose problème, justement en raison des possibilités d'accès, et que l'on va reprendre les études. Deux nouvelles démarches sont lancées :
- une étude sur "les conditions de desserte du secteur Ouest"
- "une démarche de concertation et de mobilisation auprès des acteurs économiques". (délibération du 4 mai 2005)N'aurait-il pas fallu commencer par là? Réfléchir d'abord à la question des accès et à la fonction de la foire-expo dans l'économie de l'agglomération, avant de décider d'un site? Cette méthode, ou plutôt cette absence de méthode, est bien caractéristique du tandem.
En attendant, cela aura coûté aux strasbourgeois environ 400000 euros d'études, auquel il faut ajouter les frais de la démolition de deux halls réalisée l'an dernier, et celui des installations temporaires pour accueillir la foire sur le site du Wacken, en attendant un nouveau site dont la construction est reportée à une date indéterminée. Encore une fois, un dossier mal ficelé qui s'ajoute aux autres. A la fin, la facture est lourde pour les habitants de l'agglomération.
MONTAGNE VERTE 204 ROUTE DE SCHIRMECK
C'est un bâtiment anciennement occupé par le Rectorat, déserté depuis plus de vingt ans, que l'Etat s'est décidé à vendre fin 1999. La ville était alors intéressée, et a recherché pour ce site un projet qui soit d'intérêt général pour le quartier de la Montagne Verte. Différentes propositions étaient à l'étude lorsque le tandem est arrivé aux commandes de la municipalité. Il ne pouvait ignorer les pistes en cours d'étude, restées dans les tiroirs des services, ni le fait que les locaux étaient occupés, sans titre, par une association à but culturel. Ils servaient et servent toujours à la fois de logement et d'ateliers de travail à ses membres, et ceci avec la tolérance de l'Etat puisque le Préfet, en 2000, avait refusé l'expulsion et recommandé un règlement amiable.
La municipalité actuelle ne s'est pas occupée de ce dossier jusqu'en décembre dernier. Elle a abandonné tout projet d'intérêt général pour faire une opération immobilière confiée à des opérateurs privés, et ne s'est pas soucié de régler à l'amiable, comme le Préfet le recommandait, la question des occupants.
On aurait pu, sur ce site, réaliser un projet qui concilie les intérêts des occupants actuels, en les relogeant dignement et le souci du développement d'activités culturelles dans le quartier de la Montagne Verte qui en est bien dépourvu.
D'ailleurs, il est dépourvu de bien des équipements, ce quartier. Il attend toujours la reconstruction du CMS et du centre socioculturel. Il n'y a aucune structure d'accueil de la petite enfance au coeur du quartier, pas d'équipement culturel. Pour la Mairie de quartier les habitants doivent se déplacer à Koenigshoffen. Il n'y a pas eu non plus d'opérations d'amélioration de l'habitat, et les immeubles de la route de Schirmeck sont dans un état déplorable.
Le bâtiment Danone situé en face du 204, qui avait été pressenti par la municipalité précédente pour le centre socioculturel, a été confisqué pour les ateliers de la grande bibliothèque. Le Maire avait une occasion de se rattraper en faisant quelque chose du site du 204, qui représente une grande surface (56 ares). Le Président de Habitation Moderne, en août 2000, avait visité le site et avait constaté qu'il était possible de construire des logements à l'arrière du bâtiment principal et de réhabiliter ce dernier en un lieu culturel pour le quartier. La construction de logements aurait pu permettre le relogement des occupants, et le lieu culturel aurait pu être confié en gestion à une structure, par exemple le centre socioculturel.
En conseil de communauté, j'ai demandé que l'on remette à l'étude le projet suggéré par le Président de Habitation Moderne de l'époque. Ce serait à la fois une façon de régler correctement à l'amiable le litige avec les occupants actuels et de développer un projet de quartier.
Le Président de la CUS n'a pas daigné fournir le moindre mot en réponse à mon intervention.
Aujourd'hui, un jugement d'expulsion a été prononcé envers les occupants. Pourtant ceux-ci ont acquis des droits du fait qu'ils sont dans ces locaux avec la complaisance du Rectorat, et ce depuis plusieurs années. Ils devraient pour le moins être relogés. Quant aux résidents de la Montagne Verte ils mériteraient des équipements dignes d'un quartier de 15000 habitants.
DES HABITANTS QUI SAVENT SE FAIRE ENTENDRE
Le projet de renouvellement urbain de la cité nucléaire est en chantier. Les propositions de la Ville n'ont pas satisfait les habitants, et ils ont su le faire savoir au Maire. Ils se sont d'abord exprimés lors de la réunion publique de présentation du projet. Le Maire avait alors promis de tenir compte des avis exprimés. Ils ont ensuite réuni près de 500 signatures contestant des points précis. Leur action a été couronnée de succès : le projet va être modifié avant d'être déposé à l'Agence Nationale de Renouvellement Urbain. Le Maire a garanti que la démolition de trois entrées d'une barre d'immeubles de la rue Fresnel serait abandonnée, et que deux nouvelles rues prévues à travers un ensemble d'immeubles, rue Lavoisier et rue Fresnel, ne serait pas réalisées. Cela montre qu'une forte mobilisation des habitants peut avoir des résultats. Car c'est bien suite à leur action que le Maire a décidé de changer le projet. Une nouvelle présentation sera faite, cette fois dans le cadre d'une réunion de commission du Conseil de Quartier. J'aurais préféré une nouvelle réunion publique, mais j'ose espérer que les habitants qui viendront s'informer à cette réunion seront bien acceptés. Cependant, il ne suffit pas de deux ou trois réunions pour qu'il y ait une vraie concertation. Un collectif d'associations existe à Cronenbourg. Il a demandé à être admis dans le comité de pilotage et le comité de suivi du projet. Pour une vraie concertation, il faut que cette demande soit acceptée.
Par ailleurs le projet tel que nous le connaissons présente bien des imprécisions et des manques qui devront être abordés. Par exemple, rien n'est dit sur les équipements et les activités à installer. Le campus CNRS et universitaire voisin, qui pourrait être source de dynamisme pour le quartier, est complètement ignoré. La liaison par le tramway n'est pas intégrée au projet, mais de nouvelles routes sont prévues, en particulier le prolongement de la route de Hochfelden à travers les immeubles. Au moment où la Ville lance un débat sur la place de la voiture, dans le but de réduire les difficultés de circulation et de stationnement aux abords et dans la ville, c'est plutôt curieux.
Il y a encore du pain sur la planche, et un bon projet ne se fera pas sans les habitants.
PAS DE DÉBAT CITOYEN NI A LA VILLE, NI A LA CUS
Dans leur édition du 12 juin, les DNA se sont fait l'écho d'un débat en Conseil de Communauté Urbaine lors duquel il m'a été reproché d'abuser de mon droit de questionner. Le Président a aussi prétendu que je me plaignais injustement de n'avoir pas toutes les réponses à mes questions. Il a cherché à me décrédibiliser en prétendant que je recevais des services toutes les réponses souhaitées. Pour preuve, il a agité les copies des courriers électroniques qui m'ont été adressés.
J'ai déjà dans cette lettre évoqué plusieurs fois les difficultés pour l'élue que je suis à accéder aux informations sur les sujets qui sont soumis au vote. Si je pose des questions, ce n'est pas pour m'amuser, ni pour troubler le déroulement des séances ou abuser de la patience de mes collègues. C'est pour avoir toutes les éléments nécessaires pour pouvoir intervenir dans le débat citoyen et décider de mes votes en connaissance de cause. Les informations qui nous sont fournies dans les rapports sont souvent très succintes, ce dont on ne peut se satisfaire.
Ainsi par exemple, à propos du programme URBAN, programme européen pluriannuel en faveur des quartiers en difficultés dont profitent Neuhof, la Meinau, la Musau et le Port du Rhin, j'ai demandé communication du bilan d'évaluation établi par le comité de pilotage en décembre 2003. Ce bilan devait évaluer les projets financés, le rythme des dépenses et éventuellement se prononcer sur la nécessité de reconfigurer la maquette financière. Il devait être rendu public. Il n'est pas propriété de la CUS puisqu'il y a d'autres partenaires. En réponse, j'ai obtenu la liste des projets financés, avec leur montant, et le montant payé par les fonds européens. C'est bien, mais ce n'est pas le document d'évaluation complet que je demandais. Et quand je reviens à la charge pour demander ce rapport, le Président de la CUS et ses adjoints poussent les hauts cris, et veulent faire croire que je serais de mauvaise foi!
Or quand je lis, dans la liste des actions, "Insertion professionnelle et NTIC (Nouvelles Technologies Informatique et Communication) pour les jeunes en grandes difficultés, montant global 110850 euros, part de fonds européens 38797", cela ne me renseigne pas sur ce qui a été concrètement réalisé en faveur de ces jeunes. Il ne suffit pas de montrer que l'on a dépensé de l'argent dans un but louable. Rien n'est plus facile que de dépenser de l'argent. Encore faut-il s'assurer que cet argent dépensé a servi à quelque chose. Et il me semble que c'est notre rôle d'élus que de nous en assurer.
On veut faire croire que ma soif d'information serait une surcharge de travail considérable pour le personnel. C'est faux, les documents qui contiennent les informations existent dans les services. Il s'agit bien de la volonté d'informer correctement les élus, qui n'existe ni à la Ville ni à la CUS.
Et que dire des réponses apportées à mes interventions en conseil? Si le sujet n'intéresse pas l'exécutif, il n'est tout simplement pas abordé dans les réponses fournies aux intervenants.
Je pourrais ajouter à cela une liste de courriers restés sans réponse depuis plusieurs mois. Tout cela montre bien que, tant à la Ville qu'à la CUS, un élu qui cherche à s'informer et à connaître les dossiers dérange. Dans ces conditions, tout est permis pour tenter de le décourager ou de le décrédibiliser.
Les conseils devraient être les lieux où peut s'exercer le débat citoyen. Mais ce n'est pas ainsi que le Maire et le Président de la CUS conçoivent les choses. Pour eux, ils doivent se réduire à enregistrer leurs décisions.
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Le dimanche 3 Juillet, Parc Saint FLorent, à Cronenbourg, à partir de 11h, JAZZ à CRO
Le dimanche 4 septembre au parc des sports à Hautepierre, FESTIBAL le grand bal de l'été, à partir de 12h
parce que PRS 67 c'est aussi une présence et une action quotidienne sur le terrain nous publierons régulièrement cette lettre d'information.