Qu'est-ce qu'être socialiste ?

Publié le par JCV

Poser cette question il y a 100 ans revenait à se demander si l’on était réformateur ou révolutionnaire. Si on allait militer pour ou contre la guerre, avec ou sans l’Internationale. Aujourd’hui, à en croire les statuts du Parti Socialiste, la rupture avec le capitalisme est devenue une utopie passée de mode et la collectivisation une grossière erreur qui mène au stalinisme. Quant à la lutte des classes plus personne ne sait ce que cela signifie.

Pourtant être socialiste, à la base, c’est vouloir réduire la violence qui existe entre les propriétaires et les autres classes. C'est donner à l’Etat, les moyens de scolariser sa population, tout en lui garantissant une assistance sociale, une réglementation du travail, une solidarité envers le plus démunis, … C’est faire de l’Etat l’outil pour lutter contre le laisser faire, le laisser aller. C’est construire une société juste et égalitaire où la loi, unique et égale pour tous, est supérieure au contrat. En un mot c'est faire la République Sociale.............

Comment peut-on espérer réussir cela sans collectiviser les moyens de production, les commerces, les terres et faire que le propriétaire soit l’Etat ? En collectivisant, nous ferons de chacun d’entre nous des propriétaires puisque l’Etat c’est nous ! Nous empêcherons ainsi l’exploitation de l’homme par l’homme.

La socialisation des moyens de production n’empêchera pas les hommes de consommer librement. Ils pourront même, épargner les fruits, équitablement gagnés, de leur travail. Ils seront libres d’acheter ce que bon leur semble dans une société qui produira sans restrictions, dès lors qu’il n’y a pas d’attaque contre un être humain. Nous libèrerons ainsi le genre humain. Car qui est le plus libre, entre l’homme qui possède simplement la liberté de consommer, et celui qui possède la liberté de contrôler son outil de production ? La collectivisation n’est donc pas le contrôle de la production par une antité "Etat". Collectiviser, s'est donner le contrôle de l’outil de production et de la production aux travailleurs et ceci à plus ou moins grande échelle.

Pour parvenir à tout cela, nous devrons révolutionner les mentalités et la société. Somme-nous pour autant des révolutionnaires ? Oui ! Mais être socialiste c’est aussi être réformateur. C’est refuser de croire qu’une minorité détentrice de la vérité mènera le peuple vers son salut. Commencer par vouloir réformer la société, c’est commencer par vouloir semer, au sein du système capitaliste, les germes qui mèneront à la Révolution. C'est lancer le mouvement que Marx appelait " évolution révolutionnaire ".

Evidemment cela n’est pas possible dans une société qui n’est pas consciente de son appartenance à une classe sociale et qui ne perçoit pas la lutte des classes. Lutte qui pour vaincre doit rassembler le plus grand nombre mais aussi passer par des phases de négociations entre prolétaires et bourgeois. Une lutte perpétuelle ne permettrait pas au combat d’avancer pas à pas. Imposer des normes de sécurité, imposer des normes d’hygiène, c’est faire évoluer en faveur des travailleurs le droit du travail. Gagner ces réformes est possible, dès lors qu’il y a un rapport de force favorable aux prolétaires. Et ce rapport de force ne peut se construire qu’en ayant à l’esprit, tout au long des luttes et des négociations, qu’on appartient à une classe sociale et que celle-ci à un rôle à jouer et des objectifs à atteindre.

Cette révolution ne sera possible et viable qu’à partir du moment où elle se fera avec un minimum de violence. Car comme le disait Jaurès, nous socialistes " voulons la révolution, mais nous ne voulons pas la haine éternelle ".

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