PS : Fabius veut un projet « clairement à gauche

Publié le par PRS

Laurent Fabius continue de communiquer par écrit. A la veille de la réunion de la direction du PS qui doit finaliser le projet pour 2007, l'ancien Premier ministre a transmis, hier, les amendements qu'il souhaite voir figurer dans le texte final. Se réjouissant que plusieurs de ses propositions aient été retenues, en particulier le SMIC à plus de 1.500 euros, il appelle le parti à être « plus offensif » dans la lutte contre « les excès du capitalisme mondialisé ». Pour lutter contre les délocalisations, il propose une obligation d'information « très en amont » des salariés, le « remboursement » des aides publiques et une participation à « la réindustrialisation du site ». Il suggère aussi de « soumettre toute OPA » au vote des syndicats représentatifs au sein de l'entreprise ou du groupe, puis à l'assemblée générale des salariés, « structure nouvelle à mettre en place pour équilibrer l'assemblée générale des actionnaires ». Dans ses propositions d'amendements, Laurent Fabius insiste aussi sur la sécurité, jugeant nécessaire de « clarifier [l']approche des enjeux de sécurité ». « Les délinquants doivent être jugés et sanctionnés. Mais la politique mono-répressive de Nicolas Sarkozy a échoué et nous n'en reproduirons pas les solutions. Il ne peut s'agir de vouloir militariser la société », explique-t-il, dans une allusion aux récentes prises de position de Ségolène Royal. Des proches de la présidente de Poitou-Charentes sont aussi visés lorsque Laurent Fabius réclame que l'ancrage du PS à gauche soit « clairement » affirmé dans le projet. « A gauche dans nos valeurs, qui sont celles de la République sociale et laïque. A gauche dans nos références, qui sont celles du socialisme français, européen, internationaliste. A gauche dans nos alliances : notre stratégie politique est de rassembler la gauche et nous excluons de gouverner avec la droite ou le centre droit », écrit-il.

paru dans "La rédaction web des Echos" - 6 juin 2006

 

Publicité

Publié dans PRS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
On commence à avoir des précisions sur le projet socialiste pour 2007. Il annonce un objectif prioritaire ambitieux : faire passer en cinq ans le nombre des chômeurs en dessous de la barre des 5 %, c’est-à-dire obtenir le plein-emploi. Il constate ensuite que le libre comportement économique des hommes aboutit à des inégalités de revenus. (Nous sommes en effet tous différents les uns des autres, génétiquement et culturellement : il y a donc nécessairement des riches et des pauvres). Il constate enfin que les restructurations qu’exige le passage d’une économie nationale à une économie européenne entraînent une précarité de l’emploi et obligent les salariés à changer plusieurs fois de métiers dans leur vie. L’État doit s’opposer par toute sa force, par toute sa puissance, aux inégalités et à la précarité que le Marché impose. Suit alors une énumération à la Prévert des moyens proposés : - Élever en cinq ans le SMIC à « plus » de 1 500 euros. - Étendre l’application de la loi sur les 35 heures à toutes les entreprises. - Augmenter les impôts des riches (la CSG en particulier) ou les charges des entreprises pour disposer de plus d’argent pour aider les pauvres. - Créer un secteur subventionné d’entreprises construisant des logements à bas prix. - Augmenter et renforcer les fameux services publics à la française. - Rendre le licenciement plus difficile et coûteux. - Financer le maintien en activité des entreprises en difficulté du fait des restructurations, pour éviter les licenciements. Les Socialistes pensent qu’ils introduiront ainsi dans notre pays encore plus de justice sociale, encore plus de solidarité, encore plus de travail. - Proposer d’élever le SMIC à « plus de 1 500 euros » en cinq ans, c’est-à-dire de 4 % tous les ans, est très curieux. En effet trois études sur le SMIC ont été réalisées depuis quelques années. Une étude du MEDEF, une étude de l’INSEE et une étude toute récente d’un organisme gouvernemental, le rapport de Jean Denis Combrexelle. Les trois études signalent qu’une augmentation de 1 % du SMIC augmente de 30 000 à 50 000 le nombre des chômeurs. - Proposer d’étendre l’application de la loi sur les 35 heures à toutes les entreprises est une erreur économique. En effet depuis la loi sur les 35 heures, les revenus des salariés stagnent, le PIB de la France piétine et le nombre des chômeurs augmente. Les énormes difficultés rencontrées dans nos hôpitaux seront étendues à toute l’économie. - Augmenter les impôts des riches et des entreprises dans un Marché ouvert comme l’est aujourd’hui le nôtre, est une grave erreur. Les investisseurs préfèrent construire leurs usines dans des pays moins méchants. Les entreprises françaises du CAC 40 qui font des bénéfices les font grâce aux investissements réalisés en dehors de la France. La majorité de leur capital est aussi étrangère. Les délocalisations vont s’accélérer - Créer un secteur privé et subventionné de construction de logements, c’est rajouter un machin de plus dans l’aide au logement déjà multiforme. Or les contraintes qui pèsent sur l’immobilier éloignent les investisseurs et créent la pénurie, donc l’augmentation du prix des loyers. - Rendre le licenciement encore plus compliqué et plus coûteux, c’est s’opposer avec une grande efficacité à l’embauche dans les PME qui n’ont pas les moyens juridiques de régler les contentieux. - Enfin, aider une entreprise qui n’est plus rentable, c’est consacrer l’argent de l’État à s’opposer aux restructurations. Il vaut mieux fermer les frontières. De nombreux pays comme l’Angleterre, l’Irlande, le Canada, l’Australie ou les USA appliquaient il y a quelques années la même politique « socialo-égalitariste » que nous. Ils l’ont abandonnée et ils ont tous obtenu une augmentation rapide et du pouvoir d’achat, et de l’activité. Pauvres et chômeurs régressent rapidement chez eux. Il faut les copier. Ségolène parlait d’imiter ce que Margaret a réalisé. Est-elle socialiste ?
Répondre