LA CUS ET l'HEBERGEMENT D'URGENCE
extrait de la LETTRE D'INFORMATION de Marie-Françoise Janot, Conseillère Municipale et Communautaire Avril 2006 - N° 44
La CUS vient d'ajouter à ses compétences celle de l'hébergement d'urgence. C'est logique, car la problématique du logement d'urgence est très liée à celle du logement, qui relève déjà de la CUS. Mais que peut-on attendre de cette décision?
Pour l'hébergement d'urgence il faut faire face à une situation de plus en plus difficile et tendue. Le nombre de personnes qui appellent le 115, numéro à contacter pour trouver une solution pour la nuit, est en forte augmentation depuis 2001. Contrairement à une idée répandue, il ne s'agit pas en majorité d'étrangers. Les demandeurs d'asile ne sont que 36% des demandes, et les déboutés du droit d'asile 3,9%. Il ne s'agit pas non principalement de nouvelles personnes qui viennent tenter leur chance à Strasbourg, puisque 75% des demandeurs sont déjà connus des structures d'accueil. Il y a des gens qui travaillent qui se retrouvent à la rue.
Mais le plus inquiétant est l'augmentation du nombre de familles avec enfants, et du nombre des jeunes de moins de 25 ans. Certes, les collectivités se préoccupent de trouver des solutions pour les enfants, dans des délais plus ou moins brefs. Mais il y a régulièrement des cas d'enfants à la rue. Les enfants ont droit à la protection, quelle que soit la situation administrative de leurs parents.
La sortie du plan hivernal, avec la fermeture de certains lieux d'accueil, est particulièrement critique. Chacun a pu voir, après le 31 mars, des campeurs inhabituels Place de la République : c'étaient les laissés pour compte de la fin du plan hivernal.
Si la situation est telle, c'est en grande partie parce que le dispositif est bloqué vers les solutions de logement plus durables. Normalement, les personnes hébergées en urgence devraient être orientées rapidement vers des hébergements temporaires en attendant de pouvoir accéder à un logement autonome. Mais les difficultés pour trouver un logement autonome sont telles que les gens s'installent dans le temporaire (35% des nuits concernent des personnes qui sont là depuis plus d'un an).
Le Gouvernement a promis 5000 nouvelles places pour des hébergements d'urgence ouverts toute l'année. C'est bien, mais ce sera toujours insuffisant si les situations ne peuvent pas se débloquer par des sorties vers des logements pérennes. Et c'est en ce sens que confier la compétence de l'urgence à la CUS peut être intéressant. Les communes hors Strasbourg pourraient faciliter l'accès au logement pour les personnes hébergées, par exemple en réservant un contingent de logements à ces candidats. Elles pourraient aussi créer des résidences sociales pour des hébergements temporaires et accueillir une partie des nouvelles places promises dans le plan gouvernemental.
Il aurait fallu pour que cette nouvelle compétence CUS soit efficace, fixer des objectifs chiffrés par commune en matière de réservation de logements pour les publics fragiles qui viennent de l'urgence. Pour l'instant, la délibération adoptée relève de bonnes intentions, mais ne comporte pas d'engagements concrets de la part des communes. Quelles efforts chacune est-elle prête à faire? Cette question n'est pas abordée. Il faudra dans l'avenir combler ce manque. Ce sera au Président de la CUS d'y veiller ?
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