Les chaînes de l’obscurantisme

Publié le par PRS

extrait du projet de manifeste de PRS...................discuté et amendé lors de la convention départementale du samedi 25 mars à Strasbourg et finalisé lors de la convention nationale des 08 et 09 avril 2006 à Montreuil

En 2006, l’obscurantisme se porte bien. Partout les communautarismes prospèrent sur la destruction du lien social que provoque le capitalisme de notre époque. Ils se présentent souvent comme des moyens de résister au système, de lui opposer d’autres normes morales, de reconquérir autonomie et dignité contre ce qui est ressenti à juste titre comme une négation des personnes. Mais en réalité, les ethnicismes et les intégrismes de toutes sortes marchent main dans la main avec l’ordre néo-libéral. Ils en sont les meilleurs alliés. Ils sont en effet parfaitement compatibles avec le marché, mais radicalement hostiles à l’existence d’un intérêt général et à la constitution de communautés politiques fondées sur l’égalité des citoyens. Le communautarisme, qui repose avant tout sur la domination des membres de la " communauté " par ses chefs, porte la négation de l’espace public. Il laisse ainsi à la marchandise le soin d’incarner un semblant d’universel et constituer le véhicule exclusif des relations avec ceux qui ne font pas partie de la communauté.

L’origine du déferlement obscurantiste auquel nous assistons se trouve également dans la nature de l’idéologie dominante de notre époque. Celle-ci procède en effet à un profond remodelage des identités sociales disponibles et entretient un glissement permanent vers les modèles communautaires. L’idéologie dominante agit en particulier pour invalider l’identité ouvrière qui a constitué pendant des décennies la figure centrale de référence pour le peuple de gauche. L’ouvrier, et au-delà le peuple populaire, est à la fois occulté (il est rendu invisible) et dénigré (il est ouvertement méprisé). Dans les médias de la culture de masse, journaux, publicités, séries télévisuelles, les travailleurs n’existent pas ou alors comme des survivances exotiques d’un monde révolu. Dans un pays comme la France, les ouvriers et les employés constituent pourtant la majorité de la population active ! Lorsqu’ils admettent son existence, les médias présentent le peuple populaire comme une masse sans visages obéissant à des instincts primaires et à des peurs irrationnelles, qui se manifeste de temps en temps par des colères immatures et aberrantes. C’est sous cet angle, qui rappelle là encore la vision que les bien-pensants du 19e siècle avaient des " classes dangereuses ", que le récent référendum sur la Constitution européenne a été pensé par les médias dominants français et qu’il continue à l’être depuis la victoire du " non ". C’est ce mépris de classe que diffusent sans même se cacher tous ceux qui préparent le retour de la Constitution européenne et expliquent que la volonté populaire du 29 mai compte pour du beurre. Tous les jours, des commentateurs politiques et médiatiques, qui se présentent comme l’avant-garde de la démocratie, expliquent sans sourciller que le peuple s’est montré indigne de ceux qui lui ont fait l’honneur de le consulter. La réalité de l’intelligence populaire et du mouvement de réappropriation civique du débat européen qui s’est produit lors de la campagne référendaire est soigneusement niée.

La disqualification du peuple conduit à décourager tout sentiment d’appartenance aux classes populaires, transformées en véritables repoussoirs. En revanche, les médias dominants et la culture de masse abondent dans la mise en scène et la mise en valeur des innombrables identités communautaires par rapport auxquelles chacun est sommé de se situer et de se définir. Le travail de négation des identités collectives fondées sur les appartenances sociales ou les valeurs universelles prépare l’exaltation des particularités individuelles les plus étroites. Tout ceci encourage bien sûr le repli communautariste et entraîne également l’adhésion d’une portion croissante de la population à l’idéologie petite-bourgeoise. Tout devient bon en effet pour marquer sa distance avec le peuple, surtout lorsque l’on partage en réalité ses conditions d’existence. Divisé à un bout par le développement de la pauvreté, le peuple l’est à un autre bout par la prise de distance petite-bourgeoise de ceux qui ont fini par croire à l’indignité du peuple (d’où la nouvelle fortune dont bénéficie de nos jours l’accusation de populisme) et trouvent en conséquence plus valorisant de penser et voter comme l’éditorialiste du Monde que comme son voisin de palier.

L’alliance des libéraux, des communautaristes et de l’idéologie petite-bourgeoise contribue à une fausse conscience qui dissimule les rapports sociaux réels qui se nouent dans nos sociétés capitalistes. Elle joue ainsi le rôle d’un puissant ciment qui enlève aux citoyens la possibilité de changer le monde dans lequel ils vivent et de se rassembler autour d’un projet émancipateur qui les aide à comprendre et donc à dépasser leurs déterminismes sociaux.

 l'intégralité du projet et des amendements de PRS 67 sur simple demande à : prs_basrhin@yahoo.fr

avec "Pour la République Sociale" et la gauche unie   un projet d’émancipation pour le peuple

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