Discours de Jean-Luc MELENCHON au congrès des socialistes partie 3/3

Publié le par JLM

NOUVELLE DONNE POUR LA CONSTITUTION EUROPEENNE

Enfin, je viens à la dernière question, celle qui a posé le plus de problèmes entre nous. J’ai écouté tout ce qui s’est dit à ce sujet à cette tribune. Je crois pouvoir dire que sur la question de la Constitution européenne, nous avons dorénavant les moyens de dépasser ce qui nous a opposé. Pour la raison suivante : plus personne ne nie que cette question sera posée à celui ou à celle qui aura à gouverner notre pays, à le présider au lendemain de 2007. Et j’ai entendu dire à la tribune que, tous, nous serions naturellement prêts à porter la phrase qui compte. Non pas par ce qu’elle nous réconcilie entre nous-mêmes, cela est toujours possible dans une famille, mais parce qu’elle nous réconcilie avec toute la gauche. La phrase qui compte, c’est celle qui dit : " si le Président ou la Présidente de la République vient de nos rangs, alors la France ne signera pas la Constitution européenne ".

Si vous le voulez, si vous l’acceptez, alors je me dis content, et je proclame: on peut tourner la page. Naturellement, cela a d’immenses conséquences et au moins une à laquelle que demande que réfléchisse chacun de ceux et de celles qui auraient le cas échéant à porter nos destins. Si nous ne signons pas, alors il faut faire ce qui est nécessaire, dès maintenant, avec nos camarades du Parti socialiste européen, pour que le processus de ratification s’interrompe, et qu’un nouveau processus constituant soit engagé. Sur ce nouveau processus constituant, nous pouvons nous retrouver. Il parle au peuple. Tout le monde comprend. Et nous sortons tous par le haut de cette affaire. Nous avons des alliés. Déjà parmi les Verts, cette proposition a été adoptée. Je sais qu’elle fait débat parmi les communistes. Non, nous ne sommes pas isolés.

Cette fois-ci, je finis. Camarades, avec beaucoup d’autres, je crois que les vertus républicaines et socialistes du peuple français ne peuvent s’épanouir sans qu’elles soient encouragées par nos appels et notre pratique, mais plus encore par le fait qu’elles confient à leur patrie républicaine, un horizon commun. La construction européenne, l’émergence d’une grande nation fédérale mise dans la main de chacun et à portée du bulletin de vote de chacun à égalité est cet horizon de dépassement. Il est conforme à l’universalisme républicain des Français. Il reste notre cause.

Voilà. L’histoire hésite. Je ne sais pas si j’ai trouvé les mots pour essayer d’en convaincre. Je sens qu’elle vacille. Je suis sûr d’une chose, avec de la volonté, on arrive a percer un passage. De toute façon, vous avez dans vos rangs le nombre de rebelles disponibles pour le faire.

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