Absence de vrai débat dans le parti socialiste

Publié le par HUMA

Le débat dans les instances « officielles » du PS serait-il plié d’avance ? C’est ce que pensent sans le dire de nombreux responsables socialistes. Preuve en est le peu d’empressement que suscite cette année le traditionnel rendez-vous du tout Solferino à La Rochelle, prévu ce week-end. Les principaux opposants au duo Royal-Hollande ont renoncé à venir confronter à l’université d’été leur vision des choix qui se posent au Parti socialiste après l’échec électoral. Dominique Strauss-Kahn est en campagne planétaire pour sa candidature au Fonds monétaire international. Le prétendant désigné par Sarkozy à la direction des institutions de Bretton-Woods laissera ses amis défendre son projet d’une conversion assumée du PS à la social-démocratie, au travers d’un manifeste pour la « rénovation » annoncé pour les prochains jours. Laurent Fabius, lui, est en « vacances ». Jean-Luc Mélenchon dénonce une « pure agitation » sans vraie remise en cause. Quant à Gaëtan Gorce, il parle d’un « rendez-vous dépassé » et de « concours des mondanités socialistes ».
En marge des rendez-vous officiels, pourtant, la guerre fait rage. Certains ont choisi d’exprimer dans des livres ce qu’ils reprochent au PS et aux choix de son ex-candidate à la présidentielle. C’est le cas de Lionel Jospin, de Jean-Luc Mélenchon ou de Marie-Noëlle Lienemann. Dans un entretien au vitriol paru dans le Journal du dimanche, cette dernière dénonce, « sous prétexte de rénovation et de modernisme », la « ligne de complicité idéologique avec la droite » de Ségolène Royal comme une « impasse qui prive la gauche de ses repères fondamentaux et de la victoire électorale ». L’ancienne secrétaire d’État de Lionel Jospin pense encore évitable une OPA de Ségolène Royal sur le PS. « Elle va s’accrocher dur, mais je crois qu’elle s’illusionne lourdement sur les soutiens dont elle croit bénéficier (…). Les Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg prennent déjà, plus ou moins, leurs distances ».
Ces derniers se sont arrangés pour griller la politesse aux ténors du parti en organisant leur propre « happening » avant le rendez-vous de La Rochelle, autour d’Arnaud Montebourg. Après Ségolène Royal, samedi, à Melle, la « jeune garde » de la rénovation du PS s’est retrouvée, dimanche, à Frangy-en-Bresse, dans le fief de l’ancien porte-parole de la candidate. Si les filiations idéologiques diffèrent beaucoup des uns aux autres, la tonalité générale était toutefois plus proche de la ligne sociale-démocrate royaliste que de l’aile « gauche » du parti. Manuel Valls a ainsi brocardé « les oripeaux gauchistes » du PS, tandis qu’Arnaud Montebourg appelait son parti à « se réconcilier avec l’entreprise ».
                                                                        par Sébastien Crépel dans l'HUMANITE du 30.08.07

ne pas croire qu'il en va différemment en Alsace sous prétexte d'une plus "grande rigueur" ou d'un éloignement de la capitale Les mêmes causes produisent les mêmes effets.....

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Publié dans PRS

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