Rien appris, rien compris, rien retenu

Publié le par AC

Il y a maintenant plus de 13 ans, le collectif " Rassembler à Gauche " s’était constitué sur la base du refus du traité de Maastricht, considérant que ce traité portait en germe tous les mauvais coups que le salariat a subi durant ces 13 années au nom de la construction d’une Europe libérale : délocalisations, abandon du service public aux capitaux privés, privatisations accélérées, remise en cause des droits sociaux, etc.

A cette époque le Parti Socialiste ayant soutenu ce traité, pour la plupart d’entre nous nous l’avions quitté, sans pour autant cesser de nous revendiquer socialistes. Durant ces 13 années, nous avons mis le doigt sur le problème de fond auquel nous sommes confrontés aujourd’hui : rassembler la gauche sur des bases antilibérales, anticapitalistes. Il y a quelques mois encore, appeler à se rassembler à gauche, c’était jouer sur les marges, dans la mesure où le rassemblement du PC, des Verts, de Chevènement, au gouvernement de Lionel Jospin nous plaçait dans une véritable marginalisation vis à vis des grandes organisations politiques. Cette situation apparemment sans issue nous avait amené à suspendre l’existence de notre journal " Rassembler à Gauche " après plus de 12 années de parution régulière. Aujourd'hui la situation est radicalement différente, le rejet de la constitution européenne par les français, mais aussi par une base importante du principal parti de la gauche, (le PS) pourrait changer radicalement la situation politique dans notre pays. Avec et au delà du PS, c’est le rassemblement de toute la gauche qui redevient possible sur des bases antilibérales.
Durant la campagne du NON, et même après, les grands rassemblements des tenants du NON autour de Marie-Georges Buffet, Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez, Olivier Besancenot, montrent qu'un rassemblement antilibéral peut prendre corps et perdurer au delà du 29 mai et construire une véritable alternative. On a mesuré le 21 avril le prix à payer lorsque la Gauche oubli " par qui et pour quoi " elle est élue.
Le rejet de cette constitution libérale par les français dont une part importante de citoyens proches du PS crée une situation de crise au sein même de ce parti. Parce que nous sommes des militants qui avons appris par expérience que sans débouché politique rien n’est possible à court ou moyen terme, un certain nombre d'entre nous avons rejoint le PS. Notre volonté est de faire que les 42% de ce parti qui se sont exprimés contre l’Europe libérale soient demain en mesure de proposer une alternative à gauche et non une simple alternance. Cela signifie que les tenants du NON sans exclusive de personne puissent être demain la majorité du Parti. C’est mal parti ! Le congrès du PS fixé par la direction à une date qui n’a pas permis aux nouveaux adhérents d’être en mesure de peser par leur vote obère déjà une partie des chances de pouvoir changer la direction, largement compromise dans la gestion du système libéral. Toutefois la dynamique de la victoire du NON ouvrait une perspective de rassemblement. A condition d’être capable de présenter un front uni, une motion commune, synthèse des contributions qui après tout n’étaient pas si éloignées que cela les unes des autres, la dynamique pouvait s’enclencher et ouvrir des perspectives nouvelles au sein du PS et par contre coup au rassemblement de toute la Gauche antilibérale sans exclusive. Las !, les enjeux de pouvoir ont repris le dessus et il est bien clair aujourd'hui que la motion née de la synthèse des contributions NPS et Force-militante n’a plus rien à voir et n'a rien retenu des débats des journées de Périgueux de Force-militante. En refusant de s’associer à la motion " Rassembler à gauche " (sic) non seulement les dirigeants de cette nouvelle motion " NPS-Pour une alternative socialiste "ne créent pas les conditions d’une dynamique, mais bien au contraire, (en contradiction avec la volonté des militants présents à Périgueux), entérinent la division et malheureusement probablement demain l’échec. Le grand espoir né au lendemain du rejet de la constitution pourrait se voir à nouveau compromis.

Pour ces différentes raisons et parce que je reste persuadé que seul un large rassemblement (sans aucune exclusive de personne) des militants socialistes autour d’une même motion clairement antilibérale peut seul modifier le cours de la politique " social-libérale " appliquée et mise en oeuvre par la gauche plurielle dans le cadre de l’alternance. En conséquence, je soutiendrai la motion qui appelle au " rassemblement des NON et au delà " sur des bases antilibérales et anticapitalistes : la motion " Rassembler à gauche ".

PS : Bien sûr, tout le monde a bien compris que la motion "Rassembler à gauche" n’a aucun lien avec la publication "Rassembler à Gauche "?

par Amaury Couderc

article paru dans Respublica n°390 du  mardi 18 octobre 2005, reproduit avec l'autorisation de la rédaction

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Publié dans PRS

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