Ils nous disent pourquoi ils refusent la privatisation dEDF
Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l’Essonne.
" EDF fait partie, de même que GDF, du coeur du service public énergétique, dont la propriété publique doit être intégralement garantie. Dans l’intérêt de l’usager tout d’abord, qui n’a rien à gagner à la logique marchande qu’impulseraient les capitaux privés. Voyez les télécoms, où la concurrence et la privatisation se sont soldées par une augmentation des prix et une dégradation du service pour le plus grand nombre ! Dans l’intérêt du pays ensuite, car seule la propriété publique peut garantir à long terme un niveau suffisant d’investissements, là où les capitaux privés ne se préoccupent que de rentabilité à court terme, au détriment de l’environnement. Dans la propriété publique d’EDF, c’est en fait la souveraineté énergétique de notre peuple qui se joue. "
Laurent Fabius, député de Seine-Maritime.
« La privatisation d’EDF serait pour les personnels et pour tous les Français une faute grave et il faut la combattre. D’abord, parce les hausses de tarifs, les concentrations, l’absence de planification des capacités de production et de transport, parfois même des coupures et des pannes massives, voilà le bilan des pays sans vraie régulation. En Europe, la privatisation d’EDF rendrait impuissante une vraie politique de l’énergie. Ensuite, l’énergie est un domaine essentiel avec des politiques publiques indispensables : la recherche de l’avantage pour le consommateur plutôt que pour l’actionnaire est un enjeu social (pour les particuliers), d’aménagement du territoire (par la péréquation territoriale), de dynamisme (pour les entreprises). Les risques spécifiques liés à la filière nucléaire ne peuvent pas être laissés à une gestion privée. Enfin, nous sommes à un tournant dans notre politique énergétique. Les industries fossiles, en particulier le pétrole, se raréfient. Le marché du gaz naturel devient mondial. En réponse, nous en sommes aux balbutiements des énergies renouvelables en France. Face à ces enjeux, le gouvernement organiserait l’impuissance publique s’il ouvrait le capital d’EDF. Il serait absurde de démolir une des plus belles réussites françaises pour des raisons idéologiques et financières. »
Jean-Charles Vescovo, responsable politique, associatif et syndicaliste CGT
"Edf doit rester une entreprise 100 % publique, car dans un contexte de crise énergétique et de tensions internationales, il est impératif de préserver les intérêts de notre pays en maintenant le secteur de l'électricité et du gaz sous la responsabilité exclusive de la Nation.
La vente, même partielle d'Edf à des actionnaires privés est contraire aux intérêts de notre république et très dangereuse pour l'avenir. Les exigences de rentabilités financières exprimées par les actionnaires ne sont pas compatibles avec les impératifs de long terme qu’exige ce secteur stratégique."