Le résultat du référendum est un handicap ? PAS POUR NOUS !!
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Il y a d'abord une divergence sur le diagnostic :
Pour les uns, le résultat du référendum est un handicap. Vous affirmez ainsi que le résultat est celui des peurs accumulées. Vous maintenez que le oui était la bonne réponse. Vous regrettez le texte rejeté. Vous n'avez pas demandé l'interruption du processus de ratification.
Pour les autres, nous, à l'inverse, le résultat du référendum est un atout. Nous voulons prendre appui sur l'énergie qu'il a accumulée : énergie sociale d'un vote de classe, énergie d'un vote massif à gauche, énergie démocratique d'un peuple se saisissant en toute lucidité d'une question institutionnelle complexe, énergie de la jeunesse qui a massivement voté non. Nous voulons être fidèle à ce vote. Nous voulons lui donner son prolongement politique en 2007.
Il y a ensuite divergence sur l'orientation générale. A cette heure je n'évoque que trois aspects que je crois fondateurs.
D'abord, logiquement, nous avons une rude divergence sur la leçon du référendum.
Selon vous il faut dépasser le oui et le non. Entre nous ? Bien sûr ! Il faut être aussi unis que possible pour pouvoir passer efficacement aux combats suivants. Si c'est cela que veut dire le dépassement du oui et du non, personne ne le contredira. Mais devant le choix du pays ? Que peut bien vouloir dire « dépasser » le vote des Français ? Nous devons dire sans détour et sans barguigner : « Le non est le choix des Français, nous l'assumons, il nous fait mandat ». En 2007 au moment de la ratification, le président de la République française, s'il vient de nos rangs, respectera le non des Français, il le défendra devant nos partenaires de l'Union. Il sera fidèle à sa double exigence sociale et démocratique. Il devra donc refuser de ratifier le traité constitutionnel libéral. Il devra proposer l'ouverture d'un nouveau processus Constituant.
Ensuite vient le cadre général de notre orientation. Il y a deux options parmi nous. D'après moi, on le constate en particulier sur une question essentielle qui en éclaire bien d'autres. Celle de la place de l'Etat, et donc au bout du compte de l'action publique.
Ensuite vient le cadre général de notre orientation. Il y a deux options parmi nous. D'après moi, on le constate en particulier sur une question essentielle qui en éclaire bien d'autres. Celle de la place de l'Etat, et donc au bout du compte de l'action publique.
François Hollande a rappelé à La Rochelle : « L'Etat ne peut pas tout et j'assume la formule ». Ce n'est pas l'orientation que nous croyons bonne. Nous ne croyons pas que nos sociétés souffrent de trop d'Etat. Nous croyons que l'Etat, la loi, la délibération collective, doivent au contraire pouvoir davantage. Bien davantage.
L'option préférentielle de la gauche et des socialistes ce doit être la reconstruction d'un Etat moderne digne de ce nom, un Etat prévoyant, un Etat stratège, un Etat protecteur, un Etat maître des horloges du temps long conformément au meilleur de la tradition entreprenante et sociale de notre République. Le marché n'a pas besoin de nous pour faire agir les forces brutes qu'il contient. Mais l'Etat appauvri, démembré, dénigré, rendu impotent et impuissant par la politique de la droite, mais aussi l'Etat délégitimé par les doutes, les sarcasmes et les croche pieds d'une certaine gauche, l'Etat a besoin de notre engagement politique vigoureux pour retrouver sa place.
Le volontarisme, l'optimisme de l'action collective, l'idée qu'on peut changer la donne dans la vie de tous, voila l'essence du socialisme de transformation que nous devons proposer aux Français. A présent, le martyre de la Louisiane fait éclater une vérité que plus rien ne peut masquer : le libéralisme communautariste et sécuritaire dont les USA sont le modèle est un système « qui ne marche pas ». L'exigence du développement humain passe ailleurs, de notre côté. Mais c'est impossible de tenir ce rôle dans l'histoire si l'on pense que l'accompagnement social des dégâts du marché est le seul horizon raisonnable du socialisme contemporain !
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extrait de l'intervention de Jean-Luc Mélenchon au CN du PS du 17.09.05
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