MAL LOGES A STRASBOURG AUSSI
A Paris plusieurs drames du "mal logement" ont ému l'opinion. Notre ville compte aussi son lot de mal logés, voire, de pas logés du tout. Il y a encore des logements insalubres, le plus souvent loués par des propriétaires privés à des personnes en difficultés. Ces logements sont souvent suroccupés, avec parfois des sous-locations à des personnes qui n'ont pas accès au logement. On trouve par exemple des demandeurs d'asile qui en principe devraient être pris en charge par l'Etat. Celui-ci manque souvent de places et ne cherche pas à savoir comment les gens auxquels il ne propose rien se débrouillent. Il y a aussi des déboutés du droit d'asile qui sont en attente d'un recours, et envers lesquels l'Etat n'a plus d'obligation de prise en charge. Et il y a des personnes non régularisées qui ne peuvent prétendre à rien. Ces exclus de l'accès au logement constituent un public facile à exploiter par des gens peu scrupuleux, ou eux-mêmes très en difficultés. On leur loue ou leur sous-loue n'importe quoi.
Des squats existent aussi à Strasbourg. Dans ma dernière lettre, je parlais des occupants (tous réguliers) du 204 route de Schirmeck. Comment peut-on expliquer que, depuis plus de quinze ans que ces locaux sont illégalement occupés, l'Etat, propriétaire, n'ait rien entrepris pour reloger les occupants? Il semble que l'on ne découvre leur présence qu'au moment où l'on veut vendre l'immeuble, et alors, la solution proposée, c'est l'expulsion! Il a fallu l'intervention d'associations, et d'élus pour que le Préfet semble se diriger vers une solution non violente et vouloir proposer un relogement. Quand aux personnes à la rue, tout ce que l'on trouve à faire, c'est fermer durant l'été un établissement d'hébergement d'urgence, rue des remparts! Trop de gens ont passé leurs nuits dehors cet été à Strasbourg, et même des familles. Il faut sans cesse que des associations de soutien se mobilisent et que les médias s'en fassent l'écho (merci aux journalistes qui relaient ces faits) pour arracher quelques nuits d'hôtels pour les personnes les plus fragiles. Mais pas de solutions durables. Et pendant ce temps là, on démolit des immeubles sans avoir reconstruit auparavant, et on laisse des appartements vacants sous prétexte qu'ils sont dans des immeubles voués à la démolition... Il ne suffit pas de verser des larmes quand des enfants meurent. A quand une approche humaine et rationnelle du problème? A-t-on oublié qu'en France les enfants ont droit à la protection, quels qu'ils soient? Réaffirmer haut et fort les valeurs de la REPUBLIQUE SOCIALE, un combat quotidien !! de Marie-Françoise Janot, Conseillère Municipale et Communautaire Septembre 2005 - dans sa LETTRE D'INFORMATION N° 37