Salariés sans droits
Le journal " l’Humanité Dimanche s’interroge : " le patriotisme d’entreprise s’arrêterait il là où commence le droit des actionnaires " au sujet des quinze ouvriers polonais venus de Pologne pour travailler sur les chantiers navals de Saint Nazaire pour le montage des chemins de câbles électriques à bord d’un paquebot en construction. Ils sont en grève depuis le 21 juillet pour faire valoir leurs droits : obtenir le paiement de leurs salaires impayés depuis le mois de mai.
Embauchés en Pologne, leur employeur direct : Kliper (entreprise polonaise) a été recruté par la Gestal (entreprise française) elle-même sous traitante des chantiers de l’Atlantique.
Les salariés polonais travaillent plus de cinquante heures par semaine à bord du paquebot en construction.
En 2003 des faits similaires s’étaient produits avec des travailleurs roumains, grecs, indiens et polonais.
Les directions des chantiers s’appuient sur la sous traitante pour fuir les responsabilités. L’Etat souhaite qu’ils partent pour régler la situation avec leur employeur d’origine alors que depuis la Pologne, on leurs annonce qu’ils sont licenciés pour fait disciplinaire et que la société Kliper a envoyé deux mini bus pour les ramener.
Considérant que les salariés qui travaillent ici qu’ils soient polonais grecs indiens etc… doivent être payés ici, les salariés polonais selon la tradition polonaise se sont enchaînés avec de grosses chaînes autour du cou pour résister à une évacuation par les forces de l’ordre.
Leur grève, malgré la période estivale ne passe pas inaperçue avec leur grande banderole pour réclamer leurs salaires. Aidés de leur syndicat, ils suscitent la solidarité de la population. A ce jour, leur lutte a permis le paiement par Gestal de 30 % du salaire amis il reste 70 % à obtenir.
Les salariés qu’ils soient polonais, roumains, indiens, grecs doivent avoir les mêmes droits en terme de salaire, de temps de travail, (L ‘article l 341 du code du travail stipule des règles en en ce sens).
Le code du travail interdit le marchandage, c’est à dire les opérations à but lucratif de fourniture de mains d’œuvre ayant pour effet de causer un préjudice au salarié.
Mobilisons nous pour las salariés polonais car leur combat social doit permettre d’ orienter l’Europe vers la satisfaction des besoins des populations.
Alors qu’au moment du référendum pour le non au TCE, les partisans du oui évoquait le plombier polonais pour dénigrer ceux qui s’opposaient à la logique libérale du projet de construction européenne ;nous apportons notre soutien à ceux qui souffrent au quotidien de la concurrence libre et non faussée alors que c’est bien de solidarité libre et non faussée que l’Europe a besoin.
Pour les travailleurs polonais mobilisons nous , pour le droits des salariés.
Martine Lozano paru dans ResPublica du 03.08.05