MAINTENANT, LA SIXIEME REPUBLIQUE !
Jamais depuis sa naissance, la Cinquième République n’a connu un président aussi peu légitime que Jacques Chirac. Ce dernier avait déjà été élu dans des conditions inouïes face au candidat du Front national, après avoir recueilli seulement 19% des voix au premier tour. Il a ensuite été lourdement désavoué lors des élections cantonales et régionales, puis européennes, de 2004. A chaque fois, contredisant la pratique gaulliste dont il se réclame, il a refusé d’en tirer la moindre conséquence. Sourd au message du peuple, il s’est maintenu au pouvoir pour continuer la même politique. Le résultat du référendum sur la Constitution européenne a sapé ce qui lui restait de légitimité. C’est en effet Chirac qui a négocié ce projet de Constitution et Chirac qui l’a signé au nom de la France. En outre, il s’est fortement impliqué dans la campagne du « oui ». L’humiliation que lui a infligée le peuple français sous les regards de l’Europe entière n’en est que plus cinglante.
Ce nouveau désaveu survient à deux ans de la fin du mandat présidentiel, alors que Jacques Chirac a perdu le contrôle de son propre camp ainsi que du parti créé pour assurer son autorité à droite. Ce sont donc tous les ressorts de l’autorité présidentielle qui sont brisés en même temps : illégitime dans le pays, il l’est devenu au sein de la droite, au sein de la majorité parlementaire, au sein même du parti majoritaire. En France le pouvoir de l’Etat est en sursis. Un souffle peut l’emporter.
Or le président de la République constitue la clef de voûte des institutions de la Cinquième République. Ces institutions nées en 1958 étaient dès l’origine antidémocratiques en raison des conditions de leur naissance -le putsch du Général de Gaulle- comme de la personnalisation du pouvoir qu’elles instaurent. Elles étaient en outre depuis plusieurs années visiblement à l’agonie. Elles plongent désormais la France dans une crise de régime. Les socialistes doivent enfin établir le constat de décès de ces institutions. Ils doivent enfin ouvrir la voie vers une Sixième République parlementaire qui rétablisse la confiance du pays dans ses institutions républicaines. Ce projet a été porté par nombre d’entre nous dans les textes de congrès depuis 1992. Il a été depuis brillamment replacé sur le devant de la scène en 1998. Il semble faire consensus. Le moment est venu de le porter devant le pays.
extrait de la contribution TRAIT d'UNION - congrès PS du Mans 2005 -