Atelier de lecture : citoyens éclairés

Publié le par JCV

Atelier sur le Programme du FN - 17 mars 2007 à STRASBOURG

Il s’agit d’une synthèse des discussions qui ont eu lieu au cours de cette soirée.
Elles ont porté à partir de la lecture d’extraits du Programme du FN. Les extraits sur lesquels la discussion a eu lieu ainsi que l’argumentaire de PRS sont disponibles sur le site national de PRS

Thème 1 : Économie

On ne constate pas de différences fondamentales sur ce thème entre les programmes du FN et de l’UMP, si ce n’est que le FN est peut-être plus capitaliste que libéral. Il n’y a pas de réelles innovations économiques dans le programme du FN. Il s’agit essentiellement de la poursuite d’actions déjà entreprises par la droite avec une baisse continue du rôle de l’État dans la redistribution des richesses et une hausse des politique slibérales. Il y a une contradiction avec le fait que le FN se présente comme le défenseur des petits alors que ces propositions ne profitent qu’à ceux qui possèdent déjà beaucoup.

Le FN ne s’attaque qu’aux impôts justes et progressifs (impôt sur le revenu par exemple, avec un plafonnement à 20%, alors qu’aujourd’hui, les plus hauts revenus sont imposés à 50%) et n’aborde pas la question des impôts injustes (TVA, impôts locaux, taxe professionnelle...). Les seuils qu’il propose pour l’impôt sur le revenu ne vont bénéficiers qu’aux plus riches. La moitié des ménages français qui gagne trop peu pour être imposable continuera à ne pas payer d’impôts. Son gain direct sera nul. Dans le mêm temps, le FN souhaite compenser la baisse de l’impot sur le revenu par une hausse de la TVA, hausse qui s’appliquera à tous y compris à ceux ayant le moins de moyens. Ainsi, pour eux, il y aura une augmentation des prélèvements alors que pour les plus aisés il y aura globalement une baisse des prélèvements. Les réformes proposées sur les droits de successions et l’ISF vont également dans ce sens.

Le code du travail est l’élement qui permet de rééquilibrer la relation employeur/salariés qui par nature est profondément déséquilibrée au profit de l’employeur. En attaquant le code du travail, le FN amène les salariés à être en concurrence les uns avec les autres et en position de faiblesse pour négocier leurs conditions de travail. En développant la multiactivité, les précaires devront accumuler de nombreux emplois pour maintenir un revenu décent. Et pour une part importante de la population, la difficulté restera encore de trouver au moins un emploi.

Le FN attaque la dette et en déduit que l’État est pauvre. En réponse à cela, il veut réduire encore les revenus de l’État plutôt, au contraire, d’augmenter les ressources. L’idée sous-jacente et implicite est la disparition progressive de l’État dans les services publics, la santé, l’éducation, les prestations sociales... Or, ces biens bénéficient à tous. C’est leur particularité. Ils répondent à l’impératif républicain de Fraternité qui considère que l’État doit être le garant de la redistribution des richesses. Le FN veut donc alléger les prélèvements sur ceux qui gagnent beaucoup en supprimant les systèmes de redistribution vers ceux qui ont peu. Sans impôt, il ne peut y avoir de services publics, d’école gratuite pour tous, de soins de qualité pour tous... Paradoxalement, la France n’a jamais produit autant de richesses. Les bénéfices des entreprises du CAC 40 par exemple atteignent des records historiques. Mais dans le même temps, les richesses n’ont jamais été aussi concentrées et la pauvreté progresse dans le pays.

Concernant la fiscalité des entreprises, il faut distinguer la situation des PME de celles des grands groupes industriels et financiers. Si les grandes entreprises dégagent des bénéfices records, de nombreuses petites entreprises et de petits artisans ont de nombreuses difficultés. Cependant, ces difficultés ne sont pas dues à l’impôt sur les sociétés ou aux cotisations sociales comme cela est souvent avancé. La baisse de limpôt sur les sociétés depuis 20 ans n’a pas permis aux petites entreprises de d’augmenter leurs marges, bien au contraire. Ce sont les grands groupes qui en ont profité. Les difficultés de ces petites structures sont aussi liés au découpage du territoire de plus en plus ghettoïsé. Ce sont les entreprises de quartier dans les zones les plus populaires qui ont le plus de difficultés. Ces dernières sont liées à la fois à la fois à un faible chiffre d’affaire, les populations de ces quartiers ayant peu de revenus et donc un faible pouvoir d’achat, et à une taxe professionnelle locale trop élevée tandis que dans les quartiers aisés, la taxe professionnelle est plus faible.

Il apparaît clairement que les difficultés fiscales ne proviennent pas des impôts nationaux et progressifs, mais bien des impôts locaux et injustes. Les communes ayant une population aisée et des grosses entreprises implantées sont celles qui connaissent le moins de difficultés. Ayant des moyens, ces collectivités peuvent proposer une taxe professionnelle et des impôts locaux faibles. Par contre, les populations précarisées sont de plus en plus concentrées ailleurs. Dans ces communes, les besoins sont immenses mais les ressources locales faibles. D’où des niveaux d’imposition locaux élevés. Une réponse républicaine consiterait donc à diminuer la part du financement des collectivités locales par des impôts locaux, en augmentant une imposition nationale globale, l’État redistribuant ensuite aux collectivités locales en fonction de leurs besoins réels.

Dire que la dette de l’État est un problème, c’est considérer l’État comme une entreprise. Or la temporalité de l’État n’est pas l’année. Un État investit pour des effets à 15 ou 20 ans, sur le moyen et le long terme. De plus, une majorité des politiques qui parlent de baisser la dette ont en arrière-pensée la volonté de faire baisser les taux de change afin de favoriser les exportations.

.......les autres thèmes - École, Retraite, Santé, Retraite, Immigration,....

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Publié dans Lecture et cinéma

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