Lettre ouverte à Madame Simone Veil
Evelyne Joly-Rostan
Hoenheim Lettre ouverte à Madame Simone Veil
Ancienne Ministre de
Ancienne Présidente du Parlement Européen
Madame,
C’est avec étonnement, tristesse et indignation que je viens d’apprendre votre ralliement à Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur et candidat à l’élection présidentielle.
Née en 1944 , je me souviens de votre lutte courageuse et à l’écoute des revendications des femmes lorsque vous étiez ministre de la santé en 1975 et que vous aviez fait adopter la loi sur la libération de l’avortement ( loi qui porte désormais votre nom) Or, c’est précisément un 8 mars, Journée internationale des femmes que vous annoncez ce ralliement ! Vous ne pouvez pourtant pas ignorer combien la politique récente de Nicolas Sarkozy est néfaste pour les femmes, les enfants et les familles.
Pensez-vous que Nicolas Sarkozy défend les droits des femmes lorsqu’il ordonne l’expulsion d’une grand-mére malgache de 71 ans en la privant de ses petits-enfants tous français, lorsqu’il ordonne l’expulsion d’ une femme marocaine de 57 ans, mère de 6 enfants français, dont le mari invalide a travaillé en France depuis 1971, lorsqu’il fait arrêter pour les expulser une femme qui se retrouve sans titre de séjour parce qu’elle a quitté son mari pour cause de violence conjugale et sa fille de 15 ans ?
Les cas sont malheureusement nombreux !
Pensez-vous que Nicolas Sarkozy défend le droit des enfants lorsqu’il fait enfermer en centre de rétention des enfants avec leurs parents, alors que la loi interdit d' emprisonner des mineurs? La place des enfants est à l’école et pas en prison !
Des enfants que la police vient arrêter à l’école maternelle pour les conduire en centre de rétention, cela ne vous rappelle-t-il pas les heures les plus sombres de notre histoire ? vous qui avez été victime de ces pratiques et déportée en camp de concentration sous le gouvernement de Vichy ?
Des familles avec enfants arrêtées alors qu’elles étaient convoquées à la préfecture et espéraient de ce fait obtenir des titres de séjour, pouvez-vous cautionner cela ?
J’espère encore, Madame , que vous serez à la hauteur de l’admiration que nous étions nombreux et nombreuses à vous porter , que vous ne ternirez pas l’image symbolique que vous représentez et même que vous pourriez mettre de nouveau au service des femmes , des enfants et des hommes qui en ont bien besoin aujourd’hui.
Je vous envoie mes salutations attristées,
Le 9 mars 2007,
Evelyne Joly-Rostan
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