par Jean Philippe Martinez , rédacteur en chef de la NVO......CGT
En ces temps où les vitrines des grands magasins offrent à voir l'extraordinaire palette de ce qui se fait de mieux en matière de gastronomie, de technologie, de rêve, l'action des Enfants de Don Quichotte du canal Saint-Martin peut paraître dérangeante. Elle présente l'inconvénient ou l'avantage, c'est selon, de replonger brutalement le pays dans la réalité. Celle d'une France qui continue de rejeter et de mettre à la rue des hommes et des femmes qui ne demandent pour la plupart qu'à retrouver leur place dans la société. Car le plus dérangeant de ce combat est de mettre l'accent sur une réalité : les populations de SDF ont changé. Cela fait bien longtemps que ne sont plus majoritaires ceux et celles qui choisissaient la rue pour rompre volontairement avec une société dont ils ne partageaient plus les codes, les convenances, les contraintes. Ceux qui viennent grossir le flot des SDF sont des hommes et des femmes, des salariés dont la vie a basculé à la suite d'un accident de la vie : un divorce, un licenciement, des dettes qui s'accumulent, des loyers qu'il est impossible de payer. Mais aussi tous ceux qui, en raison de rémunérations trop faibles ou trop aléatoires, précarité oblige, ne peuvent faire face à l'envolée des loyers ou répondre aux garanties toujours plus importantes exigées par les bailleurs. Qui peut sans crainte se croire définitivement à l'abri ? Si les études témoignent d'un recul de la pauvreté, le nombre de ceux qui sont sur le fil du rasoir ne cesse, lui, de progresser.
N'en déplaise à mon confrère éditorialiste du Figaro, le vrai scandale n'est pas que des millions de personnes non qualifiées soient interdites d'emploi par des entreprises accablées de charges et dissuadées de recruter. Le vrai scandale tient à la faiblesse des revenus, aux licenciements décidés par des entreprises soumises aux seuls objectifs de profits exigés par leurs actionnaires. Il tient au niveau des loyers, à l'insuffisance de logements et particulièrement de logements sociaux. Disposer d'un travail, d'un logement, avoir une vie décente, est-ce courir après des moulins à vent ?
Une proposition, le REPUBLIQUE SOCIALE ici et maintenant !
