Appel d’Uni(e)s contre une immigration jetable –Bas-Rhin (UCIJ 67)

Publié le par UCIJ67

Poursuivre la lutte contre la politique d’immigration actuelle.

La réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) a finalement été adoptée par l’Assemblée Nationale et le Sénat, au début de l’été. Malgré quelques modifications mineures, l’essentiel de ce que nous dénoncions a maintenant valeur de loi.

Les restrictions du droit au séjour, la négation radicale des droits fondamentaux de la personne entrent en application, s’ajoutent aux régressions des précédentes lois du gouvernement. La volonté de piller les « capacités et talents » dans le monde, la dépendance des travailleurs étrangers (hors CEE) au bon vouloir du patronat, la sélection renforcée et injuste des étudiants étrangers confirme la volonté d’exploiter les « ressources humaines » tout comme la ségrégation par l’argent. La condamnation de la plupart des sans-papiers à l’irrégularité perpétuelle, à la peur d’être emprisonné, d’être expulsé, devient la règle. Ils continueront pour certains à alimenter le marché non officiel du travail dans le bâtiment, l’hôtellerie, la prostitution, l’entretien, l’agriculture, dans tous les secteurs qui pratique l’esclavage moderne. L’énième durcissement des conditions du regroupement familial, la suspicion sur la paternité d’enfants français pour les étrangers, sur les mariages entre Français et étrangers, valident d’autant plus le mépris des conventions internationales signées. Le droit d’asile se trouve réduit à peau de chagrin,  la chasse au clandestin  peut maintenant être appliquée pleinement par le gouvernement actuel, le tri sélectif pour ceux qui ont la chance d’arriver jusqu’en Europe continue. Enfin la criminalisation des soutiens des sans-papiers complète l’arsenal répressif et xénophobe.

Le collectif, comme l’ensemble du mouvement UCIJ, ne se résout pas à tolérer ces reculs sans précédent dans l’histoire récente de ce pays, le passage par pertes et profits de vies à cause de leur origine. Sous les dehors respectueux de l’ « intégration » la discrimination devient modèle d’Etat.

Après une première étape de mobilisation large, au printemps dernier, pour empêcher le vote de cette loi scélérate, nous souhaitons maintenant entrer dans une deuxième période, celle de l’élaboration d’autres propositions à défendre, d’un travail en direction du public pour affirmer une autre vision des migrations, d’autres réponses. Il s’agira aussi pour nous de mieux cerner les réalités alsaciennes.

Notre mobilisation reste unitaire, mais il est nécessaire, après la mobilisation du refus, de militer en faveur d’alternatives communes, de combattre les approches xénophobes ou démagogiques dominantes, de travailler à une inversion des tendances et priorités. La politique du gouvernement concernant les demandeurs d’asile et les migrants mérite toujours qu’on la dénonce, mais cela ne suffit plus. Aussi nous demandons aux organisations et personnes signataires du premier appel de s’engager concrètement avec nous dans une période électorale qui demande plus qu’un simple refus, même s’il est nécessaire et a constitué le premier acte de notre rassemblement et de notre action.

Premiers signataires  : Inform’elles, Scumalines, Attac Strasbourg, MRAP Strasbourg, LCR 67, ASTTu, association Zémzém, association Porte Ouverte, Pour la Republique Sociale – PRS 67

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Publié dans PRS

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