L'après 29 mai

Publié le par PRS

La décision du peuple français est indiscutable. Le non l'emporte avec plus de deux millions cinq cents mille voix d'avance. La participation bat des records. La dynamique du "non" de gauche visible dans toute la campagne est confortée de manière spectaculaire par tous les sondages sortie des urnes. Le peuple du travail, les électeurs de gauche ont massivement voté "non". Leur non" est social et européen : deux-tiers des votants du "non" réclament une nouvelle Constitution européenne.

Pourtant, les tenants du "oui" font comme si dimanche dernier rien ne s'était passé. Les dirigeants européens qui nous prédisaient l'apocalypse prétendent maintenant que rien ne changera après le vote français. Chirac se contente de dire qu'il en "tiendra compte" et téléphone aux capitales européennes pour leur demander de ne rien changer, foulant aux pieds le mandat du peuple français. Et les éditorialistes continuent de déverser leur haine sur ce peuple qui n'a rien compris.

S'il ne veulent rien entendre, eh bien on continue ! Chirac refuse de respecter le non de la France au sommet de Bruxelles les 16 et 17 juin ? Nous le ferons savoir aux peuples d'Europe. Nous serons présents à ces sommets pour leur dire de ne pas écouter nos lamentables dirigeants et pour élargir la brêche à l'Europe entière. Nous continuerons à demander le retrait des directives européennes prises au détriment de la majorité travailleuse en Europe.

Ce gouvernement refuse d'entendre le rejet du libéralisme exprimé par son peuple ? Nous combattrons pied à pied sa politique. Déjà nous voyons les directions syndicales hausser le ton après la victoire du "non" dans les urnes. Cette victoire est une invitation à résister à la politique de ce gouvernement chaque jour plus illégitime.

La gauche du "oui" refuse de s'aligner sur les positions majoritaires du peuple de gauche ? Nous continuerons à agir dans l'union des gauches sans exclusive et sans concession aux dérives libérales qui dominent aujourd'hui la social-démocratie européenne, car c'est dans la dynamique antilibérale du 29 mai que résident l'avenir et l'espoir à gauche.

Lorsque nous avons lancé en février dernier la campagne "Pour moi c'est non" avec Jean-Luc Mélenchon et les militants de l'association Pour la République Sociale, nous étions isolés et les sondages nous prédisaient une défaite humilitante. L'issue du référendum a montré que l'engagement militant pouvait faire basculer l'Histoire. Cette conviction est maintenant partagée par les dizaines de milliers de citoyens engagés qui ont fait vivre la campagne du "non" de gauche. Nous sommes sûrs de leur détermination comme de la nôtre : ils ne reculeront pas devant ceux qui méprisent le vote du 29 mai et seront à la hauteur de ce qui nous reste à faire.
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Publié dans L'après 29 mai

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