Collectif unitaire et populaire pour un rassemblement de la gauche antilibérale et des candidatures communes - réunion des 14 et 15 octobre 2006
Réunion de Nanterre des 14 et 15 octobre 2006 - La participation de militants de PRS à l'initiative unitaire pour des candidatures communes à gauche s'inscrit dans la campagne que mène PRS pour une union des gauches. Ce point de vue tient compte de l'intérêt de toute la gauche.
Le choix de PRS est celui de la défense d'une union des gauches sans exclusives car l'intérêt de la gauche le commande. Mais cette union ne peut de réaliser que sur un contenu antilibéral comme lors de la campagne pour le NON au référendum.
Les militants de PRS défendront donc l'élaboration d'un programme consistant qui propose une alternative au libéralisme, seule ligne capable de rassembler à gauche.
A propos du programme - après Nanterre :
La réunion des 14 et 15 octobre 2006 a permis des discussions approfondies en commissions thématiques (Introduction; Eco/Soc; Droits/Institutions; Europe/Monde; Culture/Education) sur les points encore en débat, c'est-à-dire les fameux points "entre crochets". Même si tout n'a pas fait l'objet d'un consensus, il a été possible de faire progresser les positions communes des collectifs.
Par exemple, deux éléments de principe très importants à nos yeux ont été "fixés" dans le texte :
1) La refondation républicaine au travers de la constituante pour une sixième république inaugurant le processus de transformation sociale.
Lisez le point 95 nouveau :
Une nouvelle république, tout de suite
95. Immédiatement, le processus d'élaboration d'une VIe République sera engagé. Il commencera par un large débat citoyen débouchant sur l'élection à la proportionnelle d'une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution, dont le projet sera soumis à référendum.
Il faut saluer la priorité donnée à la refondation républicaine du pays par l'ouverture préalable d'un processus ambitieux d'implication populaire (un débat public préalable, un processus constituant représentatif, un référendum pour adopter le projet de constitution).
Dans la même ligne, on peut aussi se réjouir de ce que la souveraineté populaire soit clairement posée comme objectif de cette refondation, puisqu'il s'agit de réhabiliter la souveraineté populaire et d'approfondir la citoyenneté; autant dire redonner le pouvoir au peuple.
2) La laïcité est inscrite au coeur de ce projet de société.
Le terme apparaît dans plusieurs paragraphes. En les rapprochant, on s'aperçoit qu'il s'agit de tous les grands piliers de la république que nous voulons : les droits fondamentaux de la personne - les institutions - l'éducation. Même si ce n'est qu'un indice, on constate que les références républicaines et sociales sont partie prenante d'une large culture commune à gauche qui transcende les appartenances partisanes.
A la demande de nombreux collectifs dont les délégués ont pris la parole de manière très convaincante, la dimension laïque du projet a été introduite ou renforcée dans le texte pour qualifier la nouvelle donne politique et institutionnelle qu'il propose.
Lisez en introduction le paragraphe :
Changer la donne politique, en ouvrant la voie à une VIe République démocratique et sociale, représentative et participative, laïque et émancipatrice (...)
De même, le paragraphe introductif de la partie 5 - Rompre avec la Ve République, fonder une VIe République
La transformation sociale exige de rompre avec le régime de la Ve République. C'est la démocratie toute entière qui doit être vivifiée. Nous voulons une république laïque ouverte sur la société telle qu'elle est, ouverte sur le monde, une démocratie politique, sociale et participative.
Il est donc ensuite cohérent et rassurant de voir que la laïcité surplombe la partie consacrée au grand service public national de l'éducation
Pour faire réussir partout, tous les jeunes, nous voulons nous donner les moyens d'un grand service public national, laïque de l'éducation, fondé sur la gratuité réelle de la maternelle à l'université.
Enfin, le lien entre laïcité, droits individuels et institutions politiques est particulièrement mis en valeur avec l'idée d' une charte de la laïcité adossée à la déclaration des droits pour que soient respectés les principes républicains dans tous les lieux publics.
3) On doit aussi remarquer que le paragraphe unissant culture et éducation est maintenu.
L'introduction de cette partie fait une place appréciable à l'éducation populaire, même si la bataille culturelle en tant que telle n'est pas explicitée
Cette conception, qui s'appuie sur une nouvelle démocratie culturelle doit redonner toute sa place à l'éducation populaire jusqu'à un niveau ministériel.
Des mesures importantes concernant les médias rapprochent un peu ce programme de la priorité que nous donnons à la lutte contre l'idéologie dominante. Elles concernent la priorité donnée aux médias publics, à l'affranchissement de ces médias des contraintes économiques et à l'encouragement des médias alternatifs ; plus généralement, à un service public de l'information refondé.
On peut donc regretter que cette partie sur la culture, les médias et l'éducation, ne soit pas structurée autour d'une action militante contre l'idéologie dominante mais seulement autour d'un axe assez rebattu à gauche sur la démocratisation de la culture via l'augmentation des moyens budgétaires, sans réflexion sur le contenu et le rôle que joue la culture de masse pour faire accepter l'ordre néolibéral. Autrement dit, on peut regretter qu'il ne soit pas fait des médias une question politique à part entière.
4) Les services publics et l'appropriation sociale sont également un point identifiant de ce projet.
Ce n'est pas pour nous déplaire, puisque nous revendiquons la protection des biens communs dont les services publics. Sans eux, il n'est point de souveraineté populaire véritable car la puissance publique ne dispose plus des moyens de faire prévaloir l'intérêt général.
Pour conclure, sur le fond, nous avons constaté des avancées sur de nombreux points. Il reste pour autant beaucoup de points "entre crochets" à discuter. Les militants de PRS investis dans les collectifs y contribueront activement !
Retrouvez l'intégralité des analyses, de l'élaboration du programme et des commentaires des militantes et militants de PRS sur le site : http://www.pourlarepubliquesociale.org - rubrique "La gauche doit s'unir - collectifs unitaires"
