Texte « ambition - stratégie - candidatures » adopté, en l’état, lors de la réunion nationale des collectifs unitaires et populaires, le 10 septembre 2006 partie 2/3

Publié le par CUP

1 - Battre la droite - Ouvrir une autre voie à gauche

Nous voulons répondre aux aspirations populaires à vivre mieux exprimées par ces luttes et par cette victoire. Pour cela notre objectif est de battre la droite et l’extrême droite. Il est que la gauche gagne et qu’une vraie politique de gauche soit mise en œuvre, ce qui implique de rompre avec le libéralisme et d’ouvrir une perspective nouvelle de transformation sociale, environnementale et démocratique..

Depuis des années, la gauche est traversée par deux orientations contradictoires qui se sont notamment exprimées à l’occasion du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen : l’une, sociale-libérale, d’acceptation et d’adaptation au libéralisme et à la mondialisation capitaliste ; l’autre en rupture avec le libéralisme et porteuse de propositions de transformation sociale et démocratique, et d’un projet de développement qui rompe avec le gaspillage lié à la course au profit. C’est cette orientation alternative que nous voulons faire vivre et développer pour qu’elle devienne majoritaire à gauche et dans le pays. La bataille du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen a montré que seul l’antilibéralisme peut à la fois rassembler une majorité à gauche et mobiliser l’énergie populaire pour le changement. A l’inverse, le social-libéralisme fait obstacle au rassemblement du peuple de gauche, il désespère les catégories populaires et débouche sur l’incapacité puis le renoncement pur et simple à transformer l’ordre des choses.

Un tel changement en profondeur de la donne politique et du rapport de force à gauche est possible. Le libéralisme est rejeté dans les luttes, les urnes et les sondages : depuis 1981, les majorités législatives sortantes, de droite ou de gauche, ont été systématiquement sanctionnées, de nombreuses luttes de résistance ont eu lieu, notamment en novembre-décembre 1995 (plan Juppé). Le vote du 21 avril 2002 a sanctionné une politique de la gauche au pouvoir qui s’accommode du système, ne règle pas les grands problèmes sociaux et désespère les couches populaires. Les luttes du printemps 2003 (retraites), du printemps 2006 (CPE), les révoltes des quartiers populaires, le vote du 29 mai ont affirmé le besoin d’une remise en cause radicale de la logique du système dominant. Pour ne pas décevoir une nouvelle fois, une politique de gauche doit rompre avec le libéralisme sous toutes ses formes.

Nous voulons gagner, construire une démarche à vocation majoritaire sur un programme de rupture avec le libéralisme et dans ce cadre mettre en œuvre une politique de transformation sociale. Cette politique doit considérer la survie de l’humanité sur la planète et s’affronter aux dérèglements écologiques. Notre objectif est celui d’une alternative vraiment sociale, démocratique, écologique, anti-discriminations : une société basée sur la réalisation des droits humains, la justice sociale, l’égalité entre hommes et femmes, la préservation de l’environnement, la participation citoyenne.

Nous voulons rassembler les forces antilibérales de gauche et créer une dynamique populaire et citoyenne autour d’un projet, d’une stratégie et de candidatures communes aux élections présidentielle et législatives. Nous voulons que les idées de la rupture avec le libéralisme et de l’alternative soient majoritaires à gauche et dans le pays. Nous voulons encourager les mobilisations sociales, appuyer sur elles notre action politique, offrir un débouché politique aux résistances et construire ensemble la transformation sociale.

La Charte des collectifs du 29 mai constitue un socle commun aux différentes forces de la gauche du Non et montre qu’il est possible de porter ensemble des propositions alternatives ambitieuses. C’est un point d’appui à partir duquel nous travaillons à l’élaboration d’un programme apportant des réponses aux exigences populaires. Ces propositions constituent un projet d’émancipation pour l’ensemble de la société. Elles doivent répondre particulièrement à la souffrance sociale ; offrir des perspectives à toutes les victimes des politiques libérales ; mobiliser les couches populaires.

La division des forces antilibérales serait désastreuse. Des millions de nos concitoyens seraient privés d’une représentation politique à la hauteur de leurs attentes. Elle renforcerait l’abstention, le pseudo « vote utile » et la bipolarisation. Elle refermerait l’espace ouvert par le vote du 29 mai et la victoire contre le CPE, boucherait l’espoir d’une alternative et serait un atout pour la droite. Nos responsabilités sont considérables.

Notre objectif est une politique apportant des solutions durables aux grands problèmes de notre société, répondant aux besoins et aux aspirations populaires, donc la constitution d’une majorité et d’un gouvernement de gauche qui mènent une politique de rupture avec le libéralisme et développent une politique de transformation sociale, environnementale et démocratique.

Nous ne serons pas d’un gouvernement dominé par le social-libéralisme qui, dans sa composition comme dans son projet, ne se donnerait pas les moyens de rompre enfin avec le libéralisme, ne répondrait pas aux attentes. Le Parti socialiste, notamment, a adopté un programme qui tourne le dos à une rupture franche avec le libéralisme. Il est hors de question, pour nous, de négocier sur cette base un contrat de gouvernement dont l’action, décevant une nouvelle fois, déboucherait inéluctablement sur le retour d’une droite plus dure encore. De même, il est hors de question d’accepter l’idée proposée par le PS d’une « fédération de la gauche » autour d’une telle orientation.

Nous mettons en débat dans notre peuple et avec toutes les forces de gauche notre programme politique de rupture avec le libéralisme pour travailler à faire grandir une dynamique populaire en faveur d’un vrai changement. Cette dynamique prendra corps à la condition que les citoyens se reconnaissent dans des propositions fortes répondant à leurs attentes et si celles-ci sont portées par un rassemblement politique crédible. Pour cela, leur participation active aux processus d’élaboration et d’intervention que cela suppose est indispensable.

Nous entendons impulser une dynamique politique nouvelle, un rassemblement durable de toutes les forces antilibérales de gauche, en faisant converger toutes celles et ceux qui luttent pour l’émancipation. Plus cette dynamique prendra de l’ampleur, se traduira dans les urnes en 2007 et changera les rapports de forces à gauche, plus nous créerons les conditions pour que se constitue une majorité pour mettre en œuvre au gouvernement une politique de rupture avec le libéralisme.

Une telle politique se heurtera aux intérêts des forces et classes dominantes. Elle suscitera leur résistance. Sa réalisation sera le résultat d’un mouvement continu articulant mobilisations sociales et sociétales, débats citoyens et luttes politiques.

Dans le cas où nous ne participerons pas au gouvernement, notre groupe à l’Assemblée ne participera pas à une majorité constituée pour soutenir ce gouvernement, mais votera en faveur de toute disposition législative allant dans le sens des intérêts de la population. Nous utiliserons aussi notre force parlementaire, avec tous ceux qui seront partie prenante de mobilisations sociales, pour faire adopter un certain nombre de mesures positives ou retirer les mesures négatives ; pour faire transcrire notre programme dans la loi et dans les faits. Nous nous réservons d’apprécier et de discuter publiquement la manière dont agissent le gouvernement et sa majorité tout au long de la législature.

À la présidentielle et aux législatives, dans les cas où nos candidats ne seront pas arrivés en tête de la gauche au premier tour, nous nous mobiliserons pour battre la droite et l’extrême droite en appelant à voter pour le candidat de gauche le mieux placé, sans conditions ni négociations d’un accord politique entre les deux tours.

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Publié dans PRS

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