LOGEMENTS et DEMOLITIONS à STRASBOURG ?

Publié le par PRS

de Marie-Françoise JANOT, Conseillère Municipale et Communautaire de STRASBOURG dans LETTRE D'INFORMATION  Juin-Juillet 2006 - N° 46

IL Y A D'AUTRES SOLUTIONS!

Strasbourg, depuis 1999, on a démoli plus de 1100 logements dans le parc social. C'est le résultat de la politique de renouvellement urbain. Mais le malheur, c'est que l'on en a reconstruit pour l'instant ZÉRO!

Etait-il bien nécessaire de faire table rase de tant d'immeubles? Les démolitions coûtent cher. Elles sont traumatisantes pour les habitants. De plus, dans les nouvelles constructions sociales les loyers sont plus élevés que dans les immeubles anciens. Les allocations logement et les APL ne compensent pas les différences de loyers.  Pour certains locataires, c'est dramatique.

Pourquoi ne pas rénover au lieu de démolir? On peut faire beaucoup de choses à partir d'une tour ou d'une barre. On peut agrandir l'espace par des balcons, voire des terrasses que l'on peut fermer pour les utiliser comme des vérandas. On peut restructurer des appartements, créer des duplex pour faire des grands logements, aménager dans certains cas des entrées séparées. On peut aussi introduire un peu de luxe dans les aménagements intérieurs. D'autres villes ont  fait de très belles réalisations.

A Lyon par exemple, la Cité industrielle de Tony Garnier, un quartier HLM qui date des années 30, avait été promise à la démolition et le terrain devait être cédé à des promoteurs immobiliers. Suite à la mobilisation des habitants, ce quartier a été entièrement rénové dans les années 80, le confort des logements amélioré (en 1980, il n'y avait pas de chauffage central). Des peintres du monde entier sont intervenus sur les murs et c'est devenu un musée urbain qui attire des architectes de toute l'Europe.

A Paris, porte Pouchet dans le 17ème, on est en train de transformer une tour de 17 étages et 96 logements qui date de 1959. Les travaux donnent lieu actuellement à une exposition. La tour a été étirée en largeur par une ceinture de balcons, ce qui a permis de gagner à peu près 30% de surface par appartement. Cela ne coûtera que 10 millions d'euros, beaucoup moins cher qu'une démolition et une reconstruction. De plus, les habitants peuvent rester chez eux durant les travaux. Cette opération est  qualifiée de "sans précédent en Europe", et a été citée dans plusieurs revues en France et à l'étranger.

Alors, démolir? Ou faire preuve d'un peu d'imagination pour transformer le paysage architectural? Dans bien des cas à Strasbourg, il aurait été possible d'éviter des démolitions.

 

Publicité

Publié dans PRS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article