Une force nouvelle pour répondre à l’état d’urgence politique

Publié le par PRS

Après le CPE, l’affaire Clearstream est la dernière illustration en date d’une crise qui tourne à vide, faute d’une issue politique qui permettrait de rétablir un pouvoir légitime, c’est à-dire un pouvoir bénéficiant du consentement populaire.

Le principal obstacle qui empêche de trouver une issue à cette crise permanente n’est pas la disponibilité du peuple : après l’insurrection civique du 29 mai, le grand mouvement contre le CPE montre sa capacité de mobilisation contre les projets néo-libéraux, quels qu’en soient les auteurs. La permanence de cette crise vient plutôt de l’absence d’une force politique capable d’exprimer la volonté populaire et de construire une autre voie pour notre pays que la destruction à petit feu de son modèle social et républicain.

Les héros médiatiques du moment, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, cherchent tout deux à chevaucher la crise. C’est la condition de leur victoire respective à l’élection de 2007, dont ils savent qu’elle prendra la suite des scrutins hors normes du 21 avril 2002, des régionales, cantonales et européennes de 2004 et du référendum de mai 2005. Sarkozy a choisi la voie de la radicalisation sécuritaire, dont témoignent ses récentes déclarations sur les immigrés qui n’aimeraient pas la France. Royal a choisi un mélange de personnalisation à outrance, de reformatation de la communauté citoyenne dans des forums sur Internet (la "blog-governance"), et d’un pragmatisme censé faire fi de tout modèle (mais qui sert uniquement à écarter les références de gauche).

Par delà ces différences, ces deux candidats ont de nombreux points communs. Ils en ont sur le fond, comme l’a montré Libération (tout arrive !) en comparant leurs déclarations quasi identiques sur de nombreux sujets censés pourtant opposer la droite et la gauche. Tous deux bénéficient du soutien quasi unanime de la presse qui a décidé de mettre en scène plus d’un an à l’avance leur duel comme étant l’affiche officielle de l’élection présidentielle. Tous deux sont contraints pour s’imposer de mettre en pièces leur propre camp… alors qu’ils ne veulent pas remettre en cause les orientations que celui-ci a poursuivies jusqu’ici. Ce sont des candidats "anti-système " qui aspirent en fait à le continuer (aucun d’eux ne remet vraiment en cause le libéralisme ou la Ve République).

Ce paysage artificiel et verrouillé n’exprime pas la réalité des contradictions du pays. La question n’est pas alors de savoir si le décalage entre le peuple et sa représentation va se manifester, mais plutôt de savoir comment et au profit de qui il va le faire.

Nous pensons donc qu’il est urgent d’offrir une perspective politique de gauche au rejet du libéralisme. Faute de quoi l’extrême droite pourrait reprendre la main. Les orientations débattues lors de la dernière Convention nationale de PRS (voir le compte-rendu en ligne sur le site : http://www.pourlarepubliquesociale.org/) en faveur d’une Union dans l’Union sont plus que jamais d’actualité. Il n’y aura pas d’issue à la crise sans une force nouvelle qui satisfasse deux exigences :

- pour battre la droite , l’union de toute la gauche sans exclusives

- pour changer la gauche, l’union des partisans d’une gauche de rupture

Ces deux exigences ne sont pas contradictoires.

Elles sont au contraire intimement liées. Il n’y aura pas d’Union populaire sur une orientation bobo-blairiste. Il n’y aura pas plus d’hégémonie de la gauche des ruptures pour changer la gauche si celle-ci ne s’inscrit pas dans le cadre d’une union sans exclusives contre la droite.

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