Comment dire tout et son contraire......explications de Martine Aubry

Publié le par RM

Cela bouge à gauche. Pour le meilleur (ébullition intellectuelle à la gauche de gauche), et parfois pour le pire. C’est de cette seconde hypothèse qu’il est question ici. Martine Aubry a présenté dernièrement le texte d’orientation du PS pour la période 2008-2011. On peut y lire ceci : « C’est à un grand rassemblement de la gauche que nous voulons œuvrer aujourd’hui, en évitant de multiplier les clivages artificiels. Dès aujourd’hui nous devons nous tourner vers nos partenaires traditionnels et engager avec eux une discussion sur la préparation des prochaines échéances électorales, et notamment des élections européennes ». Ce texte sous-entend des discussions pour d’éventuelles alliances électorales pour des listes uniques dans la mesure où les élections européennes constituent un scrutin de listes à la proportionnelle intégrale, et donc une élection à un seul tour.


 

Qui sont donc ces partenaires traditionnels ?

On peut penser aux amis de Jean-Pierre Chevènement, aux Radicaux, au PCF, au nouveau Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, et aux Verts, et pourquoi pas au NPA. De tout ceux-là, seuls les deux premiers peuvent envisager de faire liste commune avec le PS. Les Verts sont dans une logique de suivisme d’un politicien de centre-droit ; le NPA, le PCF et le PG ont quant à eux la volonté d’une autre Europe.

 

En effet, l’alliance du PG et du PCF avec le PS est inenvisageable car cela se fait sur un accord programmatique, sur des convergences politiques. Or, Martine Aubry a signé le 1er décembre le Manifesto (programme d’action du PSE) qui est d’orientation clairement social-libérale. Il ne s’agit plus d’accepter le capitalisme et de le réguler socialement, mais au contraire d’en promouvoir la bonne marche avec quelques corrections éthiques. On est bien loin d’une politique de gauche. Pourtant, le texte d’orientation y voit « une opportunité historique », « jamais sans doute nous n’avons autant partagé entre socialistes européens, la philosophie de la construction européenne », « le Manifesto de Madrid constitue un socle essentiel […] Nous devons nous y inscrire pleinement ». Ce texte fait donc partie intégrante de l’orientation du PS pour les européennes. C’est son programme. Le rassemblement que le texte d’orientation prône se ferait, pour le PS, sur ce document.

 

C’est là où la langue de bois qui constitue le fil rouge de ce texte d’orientation est la plus visible : le PS appelle à une alliance qu’il sait impossible avec à la fois le PCF et le PG, qui refusent cette ligne d’acceptation de l’Europe libérale et du social-libéralisme. Dans l’Humanité du lundi 8 décembre, le cahier central est consacré à la plate-forme du PGE pour les européennes, qui lie le PCF et le PG, où il est écrit: « Nous réaffirmons notre « non » au traité de Lisbonne. L’expression démocratique de la volonté des peuples doit être respectée ». On ne peut pas faire plus clair. Les alliances entre les tenants d’un « oui » de « gauche » et la gauche de la gauche ne sont pas envisageables.  Et cela, Martine Aubry le sait très bien. Elle ne souhaite pas d’une alliance pour une autre Europe. Mais, d’un point de vue interne au PS, il lui faut une ligne d’opposition farouche à l’ouverture au centre prônée par Ségolène Royal. Ou comment faire des élections européennes un enjeu politicien, alors qu’elles devraient être un intense moment de réflexion citoyenne pour une autre Europe.

de R
omain Mathieu.....PG Grand Est

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Publié dans Qui sommes nous

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