Pourquoi attaquent-ils le CDI et pourquoi faut-il le défendre ? Parce que neuf actifs sur dix sont des salariés
Au début du 20° siècle, il y avait trois millions de salariés en France.
En 1945, il y avait seulement un actif sur 2 qui était salarié.
Aujourd'hui 89 % de la population active est salariée. Le salariat n'a jamais été aussi puissant, numériquement et économiquement. Rien d'important, et de durable, ne se crée sans le salariat.
Ainsi le Code du travail, construit en plus de 120 ans, est-il devenu un statut commun à 16 millions de salariés du privé.
Huit millions d'employés et six millions d'ouvriers sont mêlés, cols blancs et cols bleus, il n'y a plus de différence. L'écart des salaires s'est resserré : la moyenne du salaire des cadres n'est plus de 2,3 fois celui de la moyenne des salaires des employés et des ouvriers. Même le " bas " des cadres a été rapproché du coeur du salariat, près de 40 % sont en dessous du plafond de la sécurité sociale !
Le Cdi, tel quel, est très insuffisamment protecteur, (et on devrait l'améliorer plutôt que l'affaiblir) mais il est quand même le contrat de tous ceux, " haut " et " bas " du salariat, qui n'ont que " leur force de travail à vendre ". Il est donc plus fondamental que jamais : pour baisser le coût du travail, objectif permanent du capital, il faut s'attaquer à ce statut de masse.
En l'an 2000, l'année la plus faste des annales statistiques de l'histoire de France, ont été créés 643 000 emplois supplémentaires (+ 4,3 % d'emplois en plus), les Cdd, l'intérim, le temps partiel ont reculé et la durée moyenne d'un Cdi s'est allongée, passant de 10 ans et 5 mois, à 11 ans et 4 mois… Du coup, d'ailleurs, le chômage reculant, les luttes se sont développées et ont posé en priorité les exigences salariales 45 % des conflits pour les salaires contre seulement 25 % pour la défense de l'emploi : ça, c'est la hantise des patrons, que le chantage au chômage recule et que l'exigence d'une hausse des salaires l'emporte !
Ils l'expliquant eux-mêmes, de façon constante, ils veulent maintenir le chômage à un niveau suffisamment élevé pour faire pression sur les salaires. Et pour exercer cette pression il leur faut faire reculer les droits du Cdi (et du statut de la fonction publique aussi…).
Depuis 2002, le Cdi, c'est encore 8 contrats sur 10 malgré les efforts du gouvernement pour faciliter la précarité. Il y a en France, 950 000 Cdd, 650 000 intérim, 800 000 saisonniers, 3,5 millions de temps partiels, (certains de ces chiffres se recoupent), mais la précarité monte, elle passe de 1,5 contrats sur 10 à 2 contrats sur 10. La précarité est comme les termites, elle ronge les bases du Cdi, mais elle ne suffit pas à le faire disparaître !
Il faut donc s'attaquer au Cdi lui-même, c'est que voulait le Medef, c'est ce que fait Villepin en surenchère avec Sarkozy.
par Gérard Filoche dans DS
La REPUBLIQUE SOCIALE, combattre et battre la droite en proposant un projet émancipateur pour la société. C'est possible ICI et MAINTENANT