Le Pacte Républicain est porté par des individus droits, non par des gens qui s'agenouillent
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Pour bien commencer l'année 2008, PRS 67 vous propose cette "chronique républicaine et laique"
L'ère de tuilage qui est la notre est une remise en cause de ce que nous avons connu. Elle est un grand pas en avant vers un avenir dont nous savons peu de chose. Et pour cause !
C'est à nous de prendre conscience qu'il nous revient de l'édifier, ou alors nous subirons celui que d'autres, plus prompts, construirons avant nous. Seule la marche arrière – marche du temps oblige – nous est impossible ; d'ailleurs le retour arrière déguisé d'un « habit de présent » n'intéresse que les réactionnaires, et il sont de tous bords. En cette époque où la nécessité de tourner nos forces vers la construction est si impérieuse, une erreur catastrophique serait donc de reprendre les marottes et recettes de siècles passés. L'issue serait alors inévitable : la régression humaine que des siècles d'histoire nous enseignent. Le sens de l'Histoire n'existe que pour les croyants qui veulent s'imaginer une destinée à l'humanité (la leur toujours plus belle que celle du voisin... ), mais une chose est sûre, cette suite de combats et d'évolutions que nous appelons « l'Histoire » comporte des rangs, des camps, qui se retrouvent et s'affrontent à presque chaque époque. L'un de ces camps est sans nul doute celui d'individus éclairés, soucieux de la science et du savoir, de la probité et du « désir de vérité », du plaisir (même ordinaire) à vivre l'existence de la façon la plus sereine et la plus pacifique. Pour ce camp, dont nos racines occidentales remontent jusqu'à Démocrite ou Épicure, la notion de progrès est indubitablement liée à la notion de stature, à la capacité d'un individu à se tenir debout, droit. Elle est liée à la liberté qu'à cette personne de disposer de son corps, de son esprit critique, de ses croyances, de son intimité, du savoir et de sa conscient à vouloir à faire progresser ce savoir avec les autres pour davantage de bien être et de paix. Pour ce camp aussi, la ligne de démarquation s'établit clairement entre le savoir et l'acte de croyance. Dans notre République, une partie de cette démarquation est écrite dans la loi de 1905.
Depuis des siècles, l'héritage de cette pensée, qui a toujours fondé la gauche, nous rappelle à un devoir d'avenir et de savoir, de droiture et d'émancipation, de paix individuelle pour la paix collective, et enfin de laïcité. Les mythes fondateurs sont essentiels à une civilisation, ils sont l'épistémè d'une civilisation, ce qui va porter l'éducation des enfants qui y verront le jour. Mais nous devons être capables de demander : quels mythes ? Que proposent-ils ? Qu'incitent-ils à penser ?
Que la vie heureuse est pour « après la mort » ou que la vie doit être construite sur terre ? Qu'il faut agir pour se sauver et ainsi préparer son « après-existence », ou qu'il faut bâtir l'ici et maintenant en fonction de ce qu'il est ? Qu'après une révolution, la société serait sans luttes de classes, ou que la sociologie, le caractère humain et les changements apporteront toujours matière à bouger donc à créer et à inventer ? Que l'économie va créer un homme nouveau sans pulsions, sans frustrations, sans histoire personnelle, ou que l'individu est aussi le fruit de cette histoire et qu'il convient d'en tenir compte ? Que le modèle pour se construire est un individu droit, rusé, intelligent, créatif, acteur de sa vie ? Où que l'on doit prendre pour modèle un homme humble (ie. timide, honteux, penaud, tremblant, humilié, petit, rampant, bas, plat, servile, obséquieux, vil, cf. le dictionnaires des synonymes) ? Que le plaisir est essentiel à la vie, ou qu'il doit en être banni comme source de défauts ? Que l'homme est arrivé sur terre par la faute d'une femme pour y connaître la souffrances, le travail – important le travail pour le MEDEF ... – et la maladie, ou que les femmes sont comme les hommes et que vivre en paix demande de bien vivre avec tous ses semblables ? Que la terre est une substance au service de l'homme dont il peut user sans conséquences puisque la vraie vie est dans « l'après-mort », ou un mythe présentant l'homme comme englobé dans cette nature, dépendant des saisons, du temps, avec le cycle de la vie ? Et il y a encore des centaines de mythes à interroger... Car si les mythes sont essentiels à une société, cette réalité ne doit jamais évincer la question fondamentale : « quels mythes ? Que proposent-ils ? ». L'individu-citoyen lui-même repose directement sur des mythes qui permettent de concevoir le futur, d'avancer et d'accorder le Pacte Républicain au changement pour que toujours la paix soit au centre des préoccupations. Dans les mythes fondateurs du citoyen, il y a comme fondement l'individu mature, autonome, capable de porter le regard sur les mythes qui participent à la construction de sa société.
De même, les croyances personnelles, voire les rites, n'ont rien de néfastes. Tant qu'ils restent individuels, personnels, ils sont un soutien à la vie de la personne, des repères dans son existence, des points d'ancrages qu'aucun psychologues ne viendra contester. Toute la force d'un individu s'incarne dans sa capacité à se choisir et se créer ses propres croyances, ces propres rites. Le problème survient quand une organisation des rites et du culte se met en place. La religion au sens large, c'est l'organisation humaine, hiérarchique, des rituels et des cultes. Quelle soit d'inspiration divine ou politique, elle suppose les fidèles qui croient le chef qui porte la bonne parole, la vérité. Là où la croyance individuelle, la sélection des mythes, la construction de rituels personnels et intimes, supposent l'évolution et la connaissance de soi, le savoir réfléchi et la perception des choses ; la religion suppose le suivisme, la foi – c'est à dire l'absence de maturité.
Quand le président Sarkozy s'agenouille, quel exemple donne t-il ? Celle d'un individu capable soutenir le Pacte Républicain, ou celle d'un homme qui se courbe et se plie ? Sachant qu'« esperar », « espérer » et « aspettare » en italien, portugais, espagnol et français, ont tous la même racine et que cela veut dire « attendre »... que doit-on penser de Nicolas Sarkozy qui vante « l'espérance » ? Est ce l'attente dans l'abolition de l'IVG ? L'augmentation des bénéfices des actionnaires ou des membres du gouvernement ? (Historiquement, les bénéfices désignent les revenus d'un évêché...). Est ce une espérance dans le retour du créationnisme ? Dans le retour de la terre plate ? Enfin, est ce l'attente d'une humanité débarrassée du chancre des homosexuels et des savants comme Galilée ou Darwin ? Difficile à dire, mais là encore le Pacte Républicain a besoin d'individu debout, droit, capable de juger des mythes, des croyances, de sélectionner ceux qui seront porteurs d'avenirs ou ceux qui ramèneront vers le passé. Et la condition n'est pas d'être croyant ou athée, juste d'avoir la conscience de la paix sociale et du besoin pour vivre ensemble de partager un désir d'avenir qui sera commun car l'humanité n'a la possibilité de vivre que sur une seule planète : la Terre.
Depuis au moins Spinoza – 1670 ! – nous savons que les dieux, s'ils existent, n'ont rien a voir avec ce qu'un homme peut appeler le Bien ou Mal, puisque ce qui est « le Bien » pour l'un (un salarié ayant un salaire décent ) sera « le Mal » pour un autre (le libéral qui veut maximiser son bénéfice annuel et vote Sarkozy pour payer moins d'impôts et ne plus subir le code du travail). N'existe pas plus le prétendu « sens de l'histoire » qui visait à remplacer une religion par une autre en proposant une autre destinée pour l'Humanité. Or le progrès de la raison humaine ne doit jamais être confondu avec le progrès technique. En plus d'être fausse, la vision scientiste recourt au même artifice d'espérance et de foi de la religion, et nous ne pouvons prétendre bâtir l'avenir de la gauche et proposer un nouveau projet social en usant de telles supercheries. La République s'est construite sur des mythes inspirées de la réalité (entre autres la république romaine ou les 80 ans de démocratie à Athènes), mais ces mythes tournent les enfants qui les reçoivent vers l'avenir, vers l'intelligence, vers un désir de plus de liberté, plus de paix. Le fait que ces mythes aient traversés des périodes de régressions intellectuelles, politiques et sociales, durant lesquelles le bûcher ou le goulag ont été les réponses à la sciences et à l'ouverture, montrent leur utilité et leur force pour concevoir l'avenir. Nous commettrions une erreur sans nom si pour combattre l'orientation éthique et cultuelle imposée à notre pays nous usions des mêmes armes juste maquillée de l'appellation : « de gauche ». Toujours l'individu mature et autonome a été le modèle pour le citoyen, concluant et vivant dans le Pacte Républicain. Cet individu est le mythe de celui qui sait vivre sereinement, mais aussi de celui qui sait se battre. Avec la fin d'une époque, le temps de l'athéisme tranquille d'un Gille Deleuze touche lui aussi vers son terme ; et encore, toujours, partout, l'individu-citoyen, celui qui se tient droit, se rappelle : « Il faut nuire à la bêtise. » (Frédérick Nietzsche).

réunion publique/ débat "EXIGEONS un REFERENDUM sur le nouveau TRAITE EUROPEEN" par PCF 67 et GA 67 du Comité Départemental pour un reférendum avec le soutien de PRS 67 , FSU 67 , UFAL 67 et Strg , CCA, SUD Solidaires Alsace et la présence de Marie-Nöelle LIENEMANN et Francis WURTZ, eurodéputés