Stop aux discriminations – Aujourd’hui, l’Egalité Républicaine 2/4

Publié le par TU

extrait de la contribution Stop aux discriminations – Aujourd’hui, l’Egalité Républicaine dont les 1ers signataires sont Bariza KHIARI, Fayçal DOUHANE, Pierre AIDENBAUM….

Les propositions en matière d’égalité dans l’éducation

Coupant court aux idées reçues, Thomas Piketty a montré, dans une étude sur le panel primaire 1997, que là où on met les moyens, la réussite scolaire augmente. Il faut donc continuer la politique en faveur des zones d’éducation prioritaires et lui donner plus de moyens.

1- Lutter contre le cumul des discriminations : Agir sur les conditions d’études. Un enfant des cités aura moins de chances de réussir à l’école s’il ajoute, au handicap de l’analphabétisme de ses parents, l’absence de conditions normales d’épanouissement scolaire. Il convient de pouvoir accueillir, ceux qui le souhaitent, dans des internats pour rompre le cercle vicieux de la précarité et de la promiscuité.

 

2- Permettre l’autonomie des jeunesen formation : L’accès des jeunes à un enseignement supérieur de qualité dépend largement des capacités financières de leurs parents. Les bourses d’étude existent, mais les effets de seuils excluent du système beaucoup de ceux qui en auraient besoin .Il faut procéder à une refonte du système d’attribution des bourses. Versées généralement aux familles, elles pourraient être remplacées par une allocation unique attribuée à tous les jeunes en formation, autonomes fiscalement, et sous conditions d’assiduité.

3- Permettre l’accès de tous aux métiers de l’enseignement. Héritiers de la « République des instituteurs », nous savons que les maîtres d’écoles ont joué dans l’histoire de France un rôle essentiel. Nous avons besoin de nouveaux hussards de la République porteurs d’exemplarité pour les jeunes des cités défavorisées. La diversité dans le corps enseignant est, plus qu’ailleurs, une nécessité . Nous soutenons la mise en place d’un pré-salaire dès le baccalauréat pour les étudiants qui s’engagent à entrer dans l’Education nationale et à y exercer durant un certain nombre d’années.

4- Re-découper la carte scolaire et réduire les stratégies de contournement : La carte scolaire n’évite pas la ghettoïsation. Elle doit être réformée en profondeur pour permettre à l’école de redevenir un lieu de mixité sociale.

5- Favoriser l’apprentissage de la diversité. Cette mixité est un préalable à l’égalité des chances. Elle est une richesse culturelle. Elle n’est certes pas facile à garantir mais elle peut être rapidement mise en place par l’application stricte de la loi, notamment en matière de logement et d’emploi. L’Ecole de la République doit tenir tout son rôle de formation du citoyen et d’apprentissage du vivre-ensemble.

Les programmes scolaires pourraient être complétés, dans le strict respect de la laïcité, par l’enseignement des cultures, de l’histoire des religions comme faits de civilisation, de l’histoire des migrations, de l’histoire des droits de l’homme, de l’esclavage et du processus d’émancipation des femmes.

Il faut bien entendu mettre un terme à l’enseignement d’une histoire officielle qui occulte les aspects embarrassants de notre histoire. Le Parlement français vient d’adopter, le 23 février dernier, une loi dont l’article 4 dispose que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française d’outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Le principe même qu’une loi dise l’histoire est inacceptable. Cette instrumentalisation du passé peut être interprétée comme un message de mépris par les personnes originaires de pays anciennement colonisés. Nous demandons l’abrogation pure et simple de cet article de loi.

6- Promouvoir la laïcité. L’école est le lieu où les enfants apprennent à vivre ensemble. L’application stricte du principe de laïcité y est primordiale. Pour que la République s’arrête « au seuil des consciences », il faut éviter l’intrusion des croyances personnelles dans l’espace de l’école publique. Le combat laïque est un défi permanent qui appelle une vigilance de tous les instants.

 

7- Découvrir, promouvoir et décentraliser l’excellence. Le talent est partout. La réussite, en revanche, est concentrée dans les zones les plus riches. Si le modèle républicain de promotion sociale se fonde sur l’excellence, celle-ci doit être accessible à tous, en fonction des seules capacités individuelles, et non pas socialement sélective. Pour assurer une meilleure égalité des chances, dix pour cent des meilleurs bacheliers de chaque lycée devraient bénéficier d’un accès réservé auxclasses préparatoires et aux premières années des établissements sélectifs. Ainsi, les meilleurs élèves ne seraient plus exclus pour l’unique raison qu’ils n’ont pas étudié dans un lycée prestigieux.

Les filières d’excellence sont trop rares, et trop centralisées. Ce type de formations doit pouvoir être accessible aussi dans les zones en difficulté : cela permettra de faire connaître ces filières à ceux qui ne connaissent pas toutes les subtilités de notre système éducatif, de les démythifier pour ceux qui les croient réservées à une élite sociale et de supprimer les barrières financières afférentes au changement de lieu d’études et de résidence.

8- Valoriser les parcours de réussite . Il faudra prévoir dans le cahier des charges des chaînes publiques de télévision une obligation de promotion de la diversité ainsi que des campagnes de sensibilisation « grand public » sur ces questions.

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Publié dans PRS

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