L'appel de Gauche Avenir

Publié le par GA

Face à une droite décomplexée, la gauche est aujourd’hui désorientée, écartelée et sans véritable repère unifiant. Elle a le devoir de redéfinir des valeurs claires et mobilisatrices ainsi que des objectifs simples. Il s’agit là d’un préalable à toute « refondation », « rénovation » ou « rassemblement ».
    C’est ainsi, en ne se trompant ni sur le diagnostic ni sur la méthode, que l’on redonnera espoir à celles et ceux qui se reconnaissent dans la gauche.
    En créant Gauche Avenir, nous voulons contribuer, en dehors des partis, de leurs enjeux de pouvoir et des rivalités de personnes, à cette « redéfinition ». Issus de différentes sensibilités politiques, sociales et culturelles, nous souhaitons rassembler toutes celles et tous ceux qui veulent s’associer à cette démarche et qui, sans se renier, ont compris que le monde a changé et que de nouvelles aspirations se sont fait jour. Cette démarche, patiente et sérieuse, s’appuiera sur une volonté de dialogue, d’écoute et d’ouverture à tous les courants de la gauche.
                    
    Nous appelons à nous rejoindre (
www.gaucheavenir.org) les hommes et les femmes qui partagent notre analyse et qui veulent œuvrer à ce renouveau en redonnant toute sa place à la culture de gauche dans le débat d’idées.                 

Des signataires :
Abdi Mohammed (président d’association), Attar Michèle (membre du Conseil économique et social), Candar Gilles (historien), Cabanes Claude (journaliste), Champagne Patrick (sociologue), Corbière Alexis (élu municipal à Paris), Duron Jacques (membre du Conseil économique et social), Gayssot Jean-Claude, Gendre Pierre (syndicaliste), Laignel André (député européen), Lefebvre Rémi (professeur de sciences politiques à l’Université de Reims), Levaï Ivan (journaliste), Lienemann Marie Noëlle (députée européenne), Marlière Philippe (politologue), Maurel Emmanuel (conseiller régional, Directeur de la revue « parti pris »), Moglia Michael (conseiller régional, Président du club CSPRG), Pena-Ruiz Henri (philosophe), Quilès Paul, Wurtz Francis (Président du groupe Gauche Unitaire Européenne au Parlement européen), Vescovo Jean-Charles (président d'association, syndicaliste),.......



Quel est le sens de notre démarche ?


La refondation de la gauche ne se fera pas sans que soit menée une bataille culturelle (celle dont parlait Gramsci) contre l’ « hégémonie de l’idéologie dominante ». Elle se nourrira de débats -notamment sur les valeurs fondamentales de la gauche et sur le contenu du clivage gauche/droite-, qui ne doivent pas être escamotés, parce qu’ils constituent un préalable à tout rassemblement.

    Les valeurs de gauche constituent un idéal, qu’il faut redéfinir en tenant compte de l’évolution de la société, des nouveaux enjeux planétaires et des nouvelles aspirations qui se sont fait jour. Il faut redonner un contenu aux principes auxquels nous sommes attachés (le progrès, la justice, la solidarité, la laïcité…) et en finir avec les slogans vides de sens et les voeux pieux.

    A cet égard, l’analyse des causes de l’échec du 6 mai doit être faite complètement, à s’attachant plus aux problèmes de fond qu’aux questions de personnes et de parti.

    Ces réflexions et ces débats ont commencé à s’engager dans de multiples lieux : associations, clubs, partis, milieux universitaires… Gauche Avenir se propose d’être un lieu d’engagement individuel mais aussi un carrefour de ces différentes initiatives.

    Loin des enjeux de pouvoir et des rivalités de personnes, Gauche Avenir souhaite rassembler des militants d’origines et de sensibilités diverses, mais attachés à une certaine idée de la gauche et de la République, afin de devenir un creuset de la réflexion collective indispensable sur les valeurs et de contribuer à leur rayonnement dans la société française.

    Face à une véritable régression du débat politique, nous faisons le pari de la culture et de la pensée exigeante. Pour clarifier le sens des idéaux d’émancipation, il importe plus que jamais de cultiver la rigueur conceptuelle et la netteté dans la formulation des alternatives à la loi totalitaire du marché. Il faut cesser de justifier l’abandon des principes au nom de la culture de gouvernement et réhabiliter ainsi l’image même de la politique. Il faut faire appel des pseudo fatalités qui pèseraient désormais sur la vie économique et sociale. C’est à ce prix que l’on peut retrouver le chemin des espérances collectives.

    Nous avons l’ambition de développer une analyse et une méthode qui pourraient devenir incontournables dans les processus conduisant à l’indispensable refondation de la gauche en France.
                   
    En nous fixant de tels objectifs, nous nous inscrivons dans la forte tradition du mouvement associatif et des clubs, qui a marqué l’histoire de la République comme celle de la gauche. Lorsque les structures organisationnelles de celle-ci se sont montrées incapables de répondre aux exigences de la période, ils ont constitué de puissants relais des aspirations populaires et des laboratoires d’idées. Ils ont joué un rôle décisif dans toutes les reconquêtes de la gauche et ont souvent permis d’éviter que soient confondus rénovation et renoncement.

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